Ayiti et son efondrement
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« Beaucoup de gens doutent que l'effondrement des sociétés soit possible. Non seulement cela est arrivé plus d'une fois dans l'histoire du monde mais encore les chercheurs ont mentionné le destin particulier de deux sociétés (les Vikings et les Inuits) vivant sur une même île du Groenland et possédant des cultures différentes. Les premiers se sont effondrés tandis que les seconds ont survécu. Cela ne fait-il pas penser au cas de la République dominicaine et de la République d'Haïti qui se partagent la même île, avec des politiques différentes en matière environnementale ? ». C’est ainsi introduit son exposé. L’intervenant, Jean André Victor, débute son intervention à 9h30 et fixe son intervention autour de deux grands points :
1- Le développement d’Haïti : des voix à suivre pour éviter son effondrement
2- L’effondrement d’Haïti : un choix de la société ?
M. Victor procède à partir d’un plan tripartite. D’abord, il présente le livre de Diamond. Il poursuit ensuite son exposé en établissant un rapport entre Haïti et la république Dominicaine suivant la logique de Diamond. L’effondrement du développement d’Haïti par rapport à la grille d’analyse de Diamond est enfin le dernier point de son plan. Comment les sociétés, s’interroge M. Victor, décident de leurs disparitions et de leurs survies ? « La société haïtienne semble avoir choisi l’effondrement comme moyen de quitter la scène internationale en cassant le pacte national du vouloir-vivre ensemble. C’est ce que nous allons démontrer en utilisant la grille d’analyse de Diamond. Primo, la société haïtienne n’a pas pu anticiper le problème de sa propre disparition ; secundo, elle n’a pas pu évaluer correctement la crise globale; tercio, elle a échoué dans ses tentatives de vouloir résoudre la crise environnementale comme composante de la crise globale et quarto, elle n’a pas pu ou n’a pas su résoudre le vrai problème de société qui est l’effondrement national » a-t-il déclaré.
Partant de l’opinion « Depi nan Ginen nèg trayi nèg », l’intervenant établit quelques discours que les Medias véhiculent sur des haïtiens : les haïtiens semblent manquer des chromosomes affirment certains discours. Par ailleurs, d’autre discours présument le blocage d’Haïti résulte d’un complot de la communauté internationale entre autres des blancs. Il se démarque de ces opinions pour formuler son approche qui consiste à aborder les questions en face, autrement dit regarder la réalité dans une perspective objective.
Diamond procède par la méthode comparée a affirmé l’intervenant. Il compare en effet des sociétés à partir d’une grille d’analyse déterminée. Parmi les sociétés ancienne, il choisi les plus petits dont les Iles de Pacifique et parmi les grands, il sélectionne le Japon, le Mexique de Mayard. Pour l’époque contemporaine, il considère Haïti, république Dominicaine et le Wonda. Une fois terminé de les comparer, l’auteur a du trouver des indices qui les aident à comprendre pourquoi certains pays disparaissent et certains d’autres survivent.
Dans son livre particulièrement dans le chapitre sur Haïti et République Dominicaine, M. Victor rapporte que Diamond analyse la crise environnementale que confrontent les deux pays. De cette analyse, l’auteur montre clairement comment la république dominicaine a réagi favorablement à la crise et Haïti patauge encore dans la crise faut de son comportement inactif.
Dans le rapport géographique et démographique, Victor précise que les deux pays ont presque la même densité démographique, pourtant l’Ile est partagé en 2/3 à la république Dominicaine et 1/3 à Haïti. Les ressources tant naturelles qu’humaines différencient encore les deux pays. Les faibles ressources humaines disponibles en Haïti ne lui permettent pas d’exploiter la richesse des ressources naturelles. Avec ses 0.1% des universitaires fonctionnels, le « décollé Haïti » se complique. Toutefois, l’intervenant s’interroge sur l’aide tant sur le plan financier qu’en ressources humaines avec « les experts étrangers » de la communauté internationale. L’intervenant amène son auditoire à comprendre que le problème n’est pas du coté de la quantité, mais du coté, d’une part, du retard que connait Haïti face au développement de la technologie, et d’autre part, d’une crise du patriotisme et de la politique que connait le pays depuis longtemps. Ceci dit, les responsables haïtiens n’anticipent pas aux problèmes d’Haïti. Ceci implique une incapacité à régulariser les conflits d’intérêts au sein du corps social, autant de conflit d’intérêt non arbitré détruit la cohésion sociale, d’où le phénomène « sauve qui peut ». A titre d’exemple, l’ex-ministre Victor explique que l’Etat haïtien assiste à l’effondrement de la production de café, justement parce qu’il n’a jamais bien arbitré cette production. De la rentabilité de cette production, l’Etat et les industries reçoivent 80% et les paysans comme principal acteur 20%.