Violence et psychophysiologie

Violence et psychophysiologie

Violence et psychophysiologie

[L.J.S.] - En quoi les criminels sont-il différent du commun des mortels ? Ils possèdent une manière bien à eux d'alimenter leur cerveau en sang. Une défaillance qui expliquerait leur insensibilité à la souffrance des autres. C'est en tout cas ce que suggère une étude menée par des psychiatres londoniens. Declan Murphy et ses collaborateurs de l'Institut de psychiatrie du King's College de Londres ont travaillé avec 6 hommes psychopathes incarcérés pour tentative de meurtre, de viol ou d'étranglement. Ils leur ont présenté des images de visages exprimant divers sentiments allant de la neutralité à la joie ou la peur. Les scientifiques ont analysé leur réponse émotionnelle en analysant les variations de flux sanguin que la vision de ces images provoquait dans leur cerveau. Ils ont comparé ces variations à celles de 9 hommes sans problème psychiatriques exposés aux mêmes images. « C'est la première fois qu'on est en mesure de regarder directement ce qui ce passe dans le cerveau d'un psychopathe. Ce que nous avons trouvé c'est que lorsqu'ils sont en face d'un visage apeuré, il n'y a pas, comme chez une personne normale, une augmentation du flux sanguin. C'est au contraire une diminution de ce flux qui se produit" explique Declan Murphy. Pour lui, les hommes sujets à la violence récidivent souvent car ils ont appris à amortir la réponse de leur cerveau aux signaux de détresse émis par les personnes qui les entourent. Cette caractéristique peut être héritée ou bien acquise quant on a eu une enfance jalonnée de privations, de violences ou d'abus. Les résultats de cette étude constituent une piste pour la mise au point de traitements alternatifs différents des thérapies par la parole. Ils pourraient également permettre d'identifier les personnes les plus susceptibles de récidiver. « Les psychopathes répondent mal aux traitements qu'on leur propose généralement. Cette particularité biologique pourrait être utilisée pour vérifier que quelqu'un qui se dit guéri l'est véritablement » concluent les chercheurs. VAN Amelsvoort T, Schmitz N, Daly E, Deeley Q, Critchley H, Henry J, Robertson D, Owen M, Murphy KC, Murphy DG. : "Processing facial emotions in adults with velo-cardio-facial syndrome: functional magnetic resonance imaging".Br J Psychiatry. 2006 Dec;189:560-1.

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