De la suppléance familiale au soutien à la parentalité

De la suppléance familiale au soutien à la parentalité

De la suppléance familiale au soutien à la parentalité

Fablet, D. (2010). De la suppléance familiale au soutien à la parentalité. Paris : L’Harmattan

L’auteur rassemble dans cet ouvrage un ensemble d’articles qu’il a publié au cours de la dernière décennie. Le fil rouge de ses articles est l’évolution des interventions socio-éducatives au sein des familles allant de la séparation de l’enfant de son milieu familial en vue d’un séjour prolongé dans un milieu protégé dès les années 40. Un milieu protégé qui souvent se trouvait situé hors des villes et pouvait faire penser à une déportation de l’enfant vers un nouveau contexte de vie radicalement différent de son milieu d’origine. Pour progressivement la situation évolué vers des démarches de suppléance familiale par l’apport de soutien spécifique sans volonté de remplacer le parent et finalement depuis la fin des années 1990, la mise en place de structure de soutien des parents dans l’exercice de leur fonction éducative : « Les mesures de soutien à la parentalité ».

L’auteur prend le temps de clairement définir le lexique employé pour nommer les différentes formes d’interventions socio-éducatives. Il commence par définir le terme de suppléance familiale qui vient remplacer dans les années quatre-vingt le terme de substitution.  Le terme de suppléance familiale est pour l’auteur, en se référent aux ouvrages de Paul Durning (1995) plus indiqué que placement, hébergement, supplémentation ou simplement accompagnement qui remplace prise en charge et accueil éducatif qui remplace mode de garde. La suppléance familiale est une action éducative extra-familiale visant à assurer l’accueil et la prise en charge éducative d’enfants en raison de dysfonctionnements familiaux, c'est-à-dire faire à la place des parents sans les remplacer.

L’auteur souligne que pour préciser ce que l’on ententd par suppléance familiale on fait références à un certains nombre de tâches (domestique, techniques, de garde, d’élevage, de suivi, de références sociales), ces tâches permettant de distinguer la suppléance familiale des interventions pédagogiques, médicales ou thérapeutiques.

Le champ de la suppléance familiale prend en considération les fonctions éducatives complémentaires ( crèche), les actions éducatives en milieu ouvert ( AEMO) et les intervenants auprès des parents pour pallier certaines défaillances à titre temporaire.

L’auteur rappelle les quatres secteurs principaux de l’éducation nationale : Le secteur scolaire, le secteur médico-éducatif, le secteur socio-éducatif, et le secteur sanitaire.

Il a fallu attendre la fin des années soixante pour que l’on commence à mesurer les effets négatifs des mesures de séparations des enfants de leur milieu familial. Ce sont des effets de ségrégations, de stigmatisation qui ont marqué cette époque de séparation du milieu d’origine. L’auteur rappelle que l’on a constaté au bout du compte une aggravation des troubles de comportements de enfants causé aussi par la séparation elle-même, plus tardivement c’est la question des coûts de ces prises en charges en internat qui seront soulignées. On cherchera donc à diminuer tant l’impact négatif sur les enfants que la charge financière de ces séparation en commençant à privilégié des mesures ambulatoires.  A partir des années soixantes dix il s’agit d’éviter les placements et par conséquent il faut maintenir l’enfant dans son milieu familial. Ce qui permettra le développement des actions éducatives en milieu ouvert ( AEMO), pourtant instituées dès la fin des années cinquante.

L’auteur s’appuyant sur l’ouvrage de Corbillon, M. Hellinckx, W. & Colton M.J. ( 1994) relève que 6 tendances majeurs sont communes à l’évolution des dispositifs de suppléance familale dans l’ensemble de l’Europe : diminution du nombre d’internats, changements dans la population d’enfants et d’adolescent séparés de leur milieu familial, mise en place de petite unité, développement des perspectives écologique ou écosystémique (macrosystème, exosystème, mésosystème, et microsystème), une plus grande différenciation des dipositifs institutionnels et le développement d’autres prises en charge, un professionnalisation importante.

L’auteur présente les manières distinctes dont se développe les innovations dans le champs de la suppléance éducative. Par évolution de structure éxistante à la faveur de dynamique institutionnelle, d’équipe. Et quand la voie institutionnelle semble présenter trop de résistances ou d’obstacles, alors il s’agit d’employer la voie associative qui permet de créer de réelle rupture et de propose des dispositifs entièrement revisités. L’auteur distingue donc deux tendances les transformations institutionnelles et les créations institutionnelles. Dans les années quatre-vingts l’auteur relève deux tendances qui s’imposent  le frein mis pour limiter ou éviter les placements et des actions en vue de construire de plus en plus de solutions d’accompagnement des familles elle-même.

Bastard & al. (1996). Reconstruire les liens familiaux. Nouvelles pratiques sociales, Paris : Syros

Corbillon, M. Hellinckx, W. & Colton M.J. ( 1994). Suppléance Familiale en Europe, Paris : Matrice

Durning, P. ( 1995). Éducation familiale, Acteurs, processus , enjeux, Paris : PUF ( 3ème édition L’Harmattan, 2006)

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