Les raçines et les ailes ressources, tâches et embûches de la famille

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Les raçines et les ailes ressources, tâches et embûches de la famille

Les raçines et les ailes ressources, tâches et embûches de la famille

Les raçines et les ailes

 

Abignente, G. ( 2004) Les raçines et les ailes Ressources, tâches et embûches de la famille Bruxelles, Editions De Boeck Université.

 

La missions de parents donner des raçines et des ailes à leurs enfants...



L’ouvrage se veut un hommage à la majorité silencieuse des familles. Ces familles qui vivent sans problèmes, sans difficultés majeures. L’auteur décrit deux dimensions majeures de la vie des familles, la dimension géographique et la dimension temporelle du développement du système familial. L’auteur se permet de poser encore des repères et des questions de sens sur l’existence de la famille.

http://www.cairn.info/les-racines-et-les-ailes--9782804146696.htm

 

L’ouvrage est une traduction de l’original Le radici e le ali.

 

Introduction

 

C’est inspiré par un proverbe Québécois …

Les parents doivent offrir à leurs enfants des raçines et des ailes.

L’ouvrage se concentre donc bien sur une description qui prend comme point de départ ou point de vue le système familial. La famille y est décrite comme le lieu d’une dialectique multiple, entre identité et individualité ou appartenances - entre envie de protéger et de rendre autonome - entre genres sexuels différents - entre lignage - entre génération.

L’auteur voit donc la famille comme lieu principale de la médiation.

Pour l’auteur c’est l’échec des expériences communautaires issus des modèles sociaux de 68 qui permettent d’affirmer que seule le modèle familial fonctionne pour devenir la forge de l’humain l’obligeant à s’impliquer et à répondre aux tension qu’il vit avec autrui.

Les Kibboutzim israélien ont du faire évoluer leur modèle éducatif et pédagogique qui voulait retirer aux parents la responsabilité d’une multitudes de tâche éducative.

La famille assure pour l’auteur la continuation de l’espèce dans la capacité à mettre en réserve ses attentes et ses besoins personnels pour les subsumer à la vie du groupe familial. La famille assure le soins dans les espaces que la société n’assume pas, besoin de soutien, d’encouragement, socialisation de base, transport etc… La société ne pourrait survivre sans les mini-sacrifices que chacun accepte de faire dans le domaine familial pour compenser les manques sociaux. Deuxièmement il y a bien sur la fonction de transmission culturel ou langagier qui se manifeste dans le cercle familial et qui en assure une certaine dynamique.

Mais c’est autour de la question de la construction identitaire que l’auteur pense que la famille joue son rôle principal. La famille devant répondre spontanément aux besoins d’appartenances et aux besoins d’individualisation. Pour l’auteur la vie de famille se construit de ce mouvement de balancier entre appartenance et différenciation. Ainsi de l’appartenance intime et totale de l’enfant au corps de la mère, le processus d’individuation démarre dés la naissance qui marque la première étape et dont l’adolescence, puis le départ vers un nouveau domicile révèle le processus traversant tout la période de parentalité.

La géographie familiale : La famille et ses frontières

 

Le problème pour l’auteur est que la famille a été abordée premièrement à partir de sa pathologie et non de son fonctionnement sain. Comment définir la santé d’une famille autrement que par l’absence de pathologie. Pour l’auteur il y a une recherche d’équilibre entre enchevêtrement et désengagement. D’ailleurs Fontaine en fin d’ouvrage revient sur cette notion d’équilibre qui semble bloqué à son avis la lecture des dynamiques familiale qui sont souvent plus hétéroclite qu’une simple définition de plus vers moins.

C’est toujours la question d’opposer le regard pour construire les catégories par opposition simple. Alors que souvent le réel est en mouvement et que l’on ne peut pas si facilement en faire la synthèse par une simple opposition. On retrouve d’ailleurs ici l’idée défendue pour le couple par Kellerhals dans ses différents travaux sur le couple et la famille. L’opposition entre des familles qui pratiquent le repli sur le groupe et d’autres famille qui semble se diluer dans leur environnement.

On peut donc se poser la question des frontières et de leur perméabilité comme semble le faire ici l’auteur.

Ensuite il s’agit pour l’auteur de souligner l’importance de la distance adéquate entre les parents et les enfants. La détermination des territoires dans le lieu familial revêt un réel intérêt pour les parents en vue d’instaurer une certaine régulation de la vie commune dans le même logement. C’est bien là la question de la cohabitation et de ses règle qui se posent. Il pourrait s’agir pour les parents de méta communiquer au niveau du couple et au niveau de la famille sur la mise en place des zones d’intimité et de sécurité individuelle au sein du groupe famille.

Dans la définition de ses frontières la famille a besoin aussi de préciser celle marquant l’entrée et la sortie des parents des conjoints. Quelle place laisse t’on à chacun, quel droit d’entrée et d’échange entre les différentes personnes.

 

L’organisation familiale: règles et rôles

 

Les règles: la vie quotidienne de la famille est régulée par des régles qui prescrivent aux membres un certain nombre de conduites.

Qui est responsable de l’éducation des enfants ?

Qui a le pouvoir de déterminer les règles ?

A qui demande t’on l’autorisation pour telles ou telles choses ?

Qui choisit l’endroit des vacances ?

Qui décide quoi ? p. 85

 

Donc il existe pour l’auteur des règles de comportement, des règles de pouvoir, de communication, de relation avec l’extérieur qui permettent de structurer et d’organiser la famille, il en fait une synthèse.

L’auteur considére que le plus important est que les règles soit claires, qu’elle soient porteuses de sens pour les membres du groupe familial, leur cohérence et leur articulations.

La capacité du système au changemetn malgré la définition très claire de son système de règle.

 

La croissance de la famille et ses phases de développement

 

Comme tout organisme vivant la famille évolue par stade imprimé par la physiologie et la biologie du développement. L’auteur pense que ces étapes se suivent progressivement et nécessite aussi un respect des étapes. Il serait préjudiciable pour l’enfant de lui faire sauter certain stade dans son autonomie en voulant par exemple forcer à marche trop vite….

L’histoire continue par l’ovule fécondé qui conduit à l’embryon et et ….

Ainsi l’histoire de la famille se déroule selon un cycle bien ancré dans ces réalités physiologique qui constitue le cadre temporel du développement familial.

Ainsi la période prénatale, néonatale, l’enfance, l’adolescence inscrivent au récit de parentalité et aux descriptions de la famille une dimension contrainte pas l’écoulement du temps. Le développement de la famille s’inscrit dans le maintien de son histoire et de son confort allié à une évolution changeante et progressive. Le changement s’inscrivant dans un développement progressif.

 

“ L’intérêt d’utiliser une approche de la famille comme un organisme en évolution est dû à l’observation des phénomènes de terrain: les difficultés émotionnelles et les troubles psychologiques chez un enfant, chez un adolescent, voir chez un adulte se produisent très souvent lors d’une crise causée par le passage d’une phase d’évolution à la suivante; un malaise émotionnel, un trouble psychologique individuel, voire une maladie mentale sérieuse, peuvent être le résultat de l’incapacité de la famille à modifier des conduites et des relations interpersonnelles en fonction des changements qui ont lieu. En même temps, le trouble peu être perçu comme une tentative désespérée qui vise à bloquer toute évolution, en focalisant l’attention de tous les membres de la famille de manière quasi exclusive sur le problème individuel. Par exemple, le passage d’un enfant à la condition d’adolescence produit et requiert à la fois plusieurs modifications. les parents réduisent leur contrôle sur les activités du jeune ado et lui laissent des marges plus grandes d’autonomie, en reconnaissant son désir et son droit de faire des choix différents des leurs “ (p.129 - 130).

 

Dans cette analyse développementale de la famille l’auteur propose la prise en compte de trois dimensions qui sont:

Les ressources - les tâches  et les embûches qui attendent les membres de la famille suivant l’étape qu’ils traversent.

 

L’auteur décrit ensuite ces différentes étape chronologiques du développement familial.

Rencontre et passion amoureuse

Vivre à deux et naissance de la famille

Les enfants - la famille avec enfant

L’adolescence familiale

Entre partir et rester la famille avec de jeunes adultes

Et finalement grand - parent le couple agé

 

Après le divorce la famille séparée

 

L’auteur souligne qu’aujourd’hui nous assistons à une banalisation de la séparation et du divorce comme si il était une issue normale à la vie en couple. On semble considéré dans le domaine scientifique que le divorce est un phénomène que l’on peut banaliser et lire avec distance. Alors qu’il génère des souffrances importantes pour les enfants. En effet, loin de simplifier les choses la séparation et le divorce sont souvent l’occasion d’une complication définitive de la situation familiale.

Cette souffrance exige de la part des adultes de la famille une grande attention et l’auteur développe avec précision et finesse les enjeux familiaux de la séparation, du divorce et finalement de la famille recomposée.

 

L’enfant venu du dehors … la famille adoptive

 

L’ouvrage se termine sur quelques considération sur l’adoption et une crique constructive de l’ouvrage par Pierre Fontaine qui déplore le départ précoce de l’auteur avec lequel il avait un échange riche autour de ces questions et il offre donc finalement un dernier chapitre qui a pour but d’ouvrir la discussions sur cet ouvrage très complet.

 

Pierre Fontaine pense que l’on peut utiliser cet ouvrage dans le cadre de formation pour les parents et d’espace de réflexion pour les professionnels.

 

19 janvier 2014








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