Intégrer les nouveaux métiers CFC santé/social

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Intégrer les nouveaux métiers CFC santé/social

Intégrer les nouveaux métiers CFC santé/social

O f f i c e d ’ o r i e n t a t i o n e t d e f o r m a t i o n p r o f e s s i o n n e l l e – G e n è v e
Les Forums Vision 3 : Pourquoi ? Pour qui ?
Les Forums Vision 3 ont été mis sur
pied par l’Offi ce d’orientation et de
formation professionnelle, avec l’objectif
de constituer une plateforme privilégiée
de réfl exion, d’échange et d’action pour
les professionnel-le-s de la formation, de
l’orientation, de l’emploi. Ces domaines
évoluent à grande allure ; il est dès lors
essentiel d’anticiper les évolutions,
de devenir de véritables acteurs des
changements.
L’ambition des Forums Vision 3 ?
Partager les savoirs et les sensibilités.
Confronter projets et interrogations.
Alimenter et approfondir sa réfl exion.
Echanger ses éclairages, ses propositions.
Pour faire évoluer les prestations
existantes. En mettre en place de
nouvelles. Les adapter étroitement aux
évolutions.
7e ANNÉE, NUMÉRO 17
MARS 2005
COMPTE RENDU
YVONNE-MARIE RUEDIN
Intégrer les nouveaux métiers santé/social dans
la filière professionnelle. Ouvrir des perspectives.
Avec près de 30 000 emplois, le secteur de la santé et du social représente
un peu moins de 10% des emplois du canton de Genève. C’est dire son
importance. D’autant plus qu’avec le vieillissement de la population, les besoins
en soins vont encore augmenter. La nouvelle Loi fédérale sur la formation
professionnelle intégre les métiers de la santé et du social dans la fi lière de la
formation professionnelle. De nouvelles formations sont créées. Des mesures de
requalifi cation, des systèmes de validation d’acquis sont proposés. Avec quelles
conséquences sur l’emploi, sur la qualité des prestations, sur la mobilité professionnelle,
sur la collaboration entre les différents acteurs ? Autant de questions
qui ont été débattues lors de ce 17e Forum Vision 3 organisé en collaboration
avec le Département de l’action sociale et de la santé (DASS) et qui a réuni, le 1er
mars 2005, plus de 350 personnes.
Suite page 2
Métiers de la santé et du social :
impact socio-économique
Fondateur de la médicométrie, cette
discipline qui propose une vision globale
et durable des actions de santé, Antoine
Bailly, professeur à l’Université de Genève,
a tout d’abord évoqué les deux visions de
la santé en Suisse : la vision «classique»
qui recense uniquement les emplois directement
liés à la santé (430 000 emplois
pour un budget de 48 milliards de francs
suisses) et la vision « comptable » qui
répertorie aussi les emplois indirects.
La médicométrie mesure les multiplicateurs
économiques régionaux des activités
de la santé : effets sur la demande de
biens et de services, effets sur les salaires.
Dans de nombreuses régions, les activités
de santé sont la première activité en
termes d’emploi et de valeur ajoutée.
Conférences
Compte rendu du 17e Forum Vision 3 OOFP
“ A la médicométrie de
proposer des critères
pour une distribution
équitable des soins :
déterminer les besoins,
évaluer les coûts,
chiffrer l’offre, calculer
les budgets et les retours
sur investissements ”
Parfois, elles représentent une activité
essentielle à l’équilibre économique de la
région. Ainsi, en Ajoie, les chefs d’entreprise
interrogés lors d’une enquête ont
affi rmé que sans de bonnes écoles et un
hôpital de proximité, ils pourraient être
tentés de délocaliser leur société.
Antoine Bailly a illustré son propos avec
l’exemple de l’Hôpital régional de
Porrentruy. Les effets directs sont connus :
75% des employés de l’hôpital sont
domiciliés en Ajoie et près de 5% dans
les autres districts du canton, 66% des
achats de biens et services et des salaires
sont dépensés dans le canton alors que
34% des effets directs totaux échappent
à l’économie du canton. En revanche, les
effets indirects de l’activité de cet hôpital
régional sont plus diffi ciles à chiffrer.
On estime à 40% l’augmentation des
effets directs initiaux et à un total de
6,3 millions de francs les effets économiques
indirects dans le district et de
11,3 millions dans le canton. La présence
d’une structure hospitalière est donc un
élément d’attraction pour l’ensemble de
la région. A la médicométrie de proposer
des critères pour une distribution équitable
des soins, c’est-à-dire déterminer les
besoins, évaluer les coûts, chiffrer l’offre
et enfi n calculer les budgets et les retours
sur investissements.
Réforme de la formation
professionnelle : quelles perspectives ?
Jusqu’au 1er janvier 2004, la formation
dans les domaines de la santé et du social
était de la compétence des cantons. Mandatée
par la Conférence des directeurs
cantonaux de la santé, la Croix-Rouge
suisse avait la tâche de réglementer les
formations et les professions de la santé,
alors que celles du social étaient régies
par la Conférence des directeurs cantonaux
des affaires sociales et la Conférence
des directeurs de l’instruction
publiques.
Depuis l’entrée en vigueur de la Loi fédérale
sur la formation professionnelle, ces
deux domaines sont sous la responsabilité
de la Confédération. Ils doivent s’inscrire
dans le système de la formation professionnelle,
qui distingue deux niveaux de
formation. Le degré secondaire II pour
les tâches déléguées sous contrôle (l’agir
encadré) avec l’attestation de formation
professionnelle, le CFC et la maturité
professionnelle. Le degré tertiaire qui luimême
se subdivise en formations professionnelles
supérieures pour les situations
prévisibles et les actions centrées sur le
patient (l’agir autonome) avec le brevet
ou diplôme fédéral et le diplôme ES, et le
niveau des HES pour les situations complexes
ou imprévisibles (l’agir expert) avec
le diplôme HES.
Responsable adjoint du secteur Santé-
Social-Arts à l’Offi ce fédéral de la formation
professionnelle et de la technologie
(OFFT), Armin Schöni a montré comment
les nouvelles professions de la santé et
du social vont s’intégrer dans la fi lière
professionnelle, de la concrétisation du
CFC d’assistant-e socio-éducatif-ve (2005)
à la mise en place du modèle de Bologne
pour les HES (2006). Il a rappelé les objectifs
de la politique de formation prônée
par l’OFFT : valoriser les fi lières santésocial,
faciliter l’accès aux formations,
promouvoir la relève avec un personnel
formé, favoriser le développement professionnel
et assurer la qualité des soins
et de l’encadrement. Autant de défi s qu’il
convient de relever, tant au niveau du
secondaire II avec les différents CFC qu’au
niveau du tertiaire avec les futurs bachelors
et masters. Armin Schöni a enfi n
évoqué le processus de Copenhague, qui
entend défi nir les professions en termes
de compétences professionnelles et donc
de crédits à acquérir, sur le modèle actuellement
mis en place dans les universités
suite à la signature de la Convention de
Bologne. Avec le même objectif : favoriser
la mobilité professionnelle et faciliter la
comparaisons des compétences.
Intégration des métiers santé/social :
vision employeur
L’hôpital est en proie à de profondes
transformations. L’intégration de nouveaux
métiers dans la fi lière professionnelle
suscite des craintes chez les
professionnels. En relation avec l’émergence
de ces nouveaux métiers, l’employeur
a des responsabilités. Bernard
Gruson, directeur général des Hôpitaux
Universitaires de Genève, en a énuméré
cinq.
L’employeur doit veiller à l’adéquation de
la formation reçue avec les exigences et
la complexité des pratiques soignantes et
sociales. La responsabilité concernant la
formation dans de nouveaux métiers ne
peut être de la seule responsabilité et de
la seule compétence des formateurs. Une
responsabilité partagée et une réfl exion
sur les compétences sont indispensables.
L’intégration de nouveaux métiers doit
aussi être compatible avec les exigences
de qualité existantes. Pas question
que l’introduction de nouveaux métiers
engendre des coûts supplémentaires
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Compte rendu du 17e Forum Vision 3 OOFP
“ Pour pouvoir
véritablement travailler
ensemble, il importe
d’avoir un projet
commun et une fi nalité
collective ”
injustifi és ou une complication inutile de
l’organisation du travail qui pourrait nuire
à son effi cacité. Bernard Gruson a notamment
mis en garde contre le risque d’un
retour d’une forme larvée de taylorisme.
L’employeur, enfi n, a la responsabilité de
défi nir et de favoriser les conditions permettant
aux différents professionnels de
la santé et du social de travailler ensemble
et donc, d’intégrer les diplômés des
nouvelles formations dans l’institution.
Mais pour pouvoir véritablement travailler
ensemble, il importe d’avoir un
projet commun et une fi nalité collective.
Un espace-temps commun indispensable
car, en multipliant les emplois ou
en modifi ant trop abruptement ou trop
fréquemment l’organisation du travail,
l’employeur décourage l’établissement de
liens socioprofessionnels durables, indispensables
à la qualité des prestations.
Une reconnaissance sociale de l’activité
réalisée est aussi nécessaire pour les
métiers spécifi ques à la santé et au social
ou pour ceux liés à l’exploitation ou l’administration.
Les nouveaux professionnels
ne réussiront leur intégration que s’ils
reconnaissent la valeur du travail effectué
par les collaborateurs en place. Dernière
condition, une hiérarchie légitime dont
l’autorité s’appuie sur la compétence,
l’expertise et la capacité à motiver des
équipes pluridisciplinaires.
Pour un partenariat actif entre Etat,
monde du travail et lieux
de formation
Chargé de questions sociales au DASS et
chargé de mission pour la mise en place
de la HES santé-social de Suisse romande,
Jean-Pierre Rageth a pu mesurer l’impérieuse
nécessité d’une interactivité dans
la mise à disposition d’un « produit » de
formation correspondant aux besoins
très évolutifs des milieux professionnels.
Il a aussi mesuré les coûts en temps, en
argent et en motivation des erreurs du
passé, dues notamment à cette absence
de convergence entre offre et demande.
L’entrée en vigueur de la Loi fédérale
sur la formation professionnelle signifi e
une révolution que Jean-Pierre Rageth
qualifi e de « quasi copernicienne », car
elle confi e aux milieux professionnels
la responsabilité de décrire la demande
en termes de profi ls de compétence et
d’organiser des actions de formation. Les
lieux de formation, eux, devront renforcer
leur écoute des gens du terrain, dans une
vraie relation client-fournisseur.
Pour Jean-Pierre Rageth, ce travail de
convergence doit englober les niveaux du
secondaire II et du tertiaire HES, afi n de
ne pas introduire une faille dans la cohérence
générale d’un même champ professionnel.
Il doit aussi clarifi er les niveaux de
fonction, voire les réduire, pour éviter les
superpositions improductives, mettre en
évidence les spécifi cités « culturelles » de
la Romandie face à une tentation normalisatrice
des régions majoritaires de Suisse
et enfi n, renforcer l’impact formateur des
milieux professionnels, notamment par
l’accueil de stagiaires.
Pour le social et prochainement la santé,
les Organisations du monde du travail
(ORTRA) sont justement créées pour
répondre à ces différentes exigences.
Jean-Pierre Rageth regrette cette distinction
entre le social et la santé, qu’il
considère inutile dans l’optique d’un
service aux usagers. Il a ensuite présenté
le dispositif genevois. Mise en oeuvre en
décembre 2004, la Commission cantonale
formation-emploi dans les domaines
de la santé et du travail social réunit des
représentants de l’Etat, des employeurs,
des employés et des lieux de formation.
Ses différents groupes de travail traitent
de la reconnaissance et de la validation
des acquis ASSC/éducateurs de la petite
enfance, de la mise en place du CFC
d’accompagnant-e socio-éducatif-ve, du
cahier des charges des ASSC ou encore
des conventions de stages pratiques.
Ateliers
Nouveau CFC d’accompagnant-e
socio-éducatif-ve
Animé par Armin Schöni de l’OFFT,
Natacha Juda de l’OOFP, Claude Howald,
cheffe de service au Groupement
intercommunal genevois d’animation
parascolaire, Françoise Weber, secrétaire
syndicale au Syndicat interprofessionnel
des travailleuses et travailleurs, cet atelier
a été rapporté par Olivier Baud, chef
de service des programmes spécifi ques
aux Etablissements publics socio-éducatifs
pour personnes handicapées.
Comme pour les trois autres ateliers,
celui-ci a débuté par une présentation de
ce nouveau CFC, de son contexte, de ses
enjeux.
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Compte rendu du 17e Forum Vision 3 OOFP
“ Faut-il réduire les
niveaux de formation
ou défi nir de nouveaux
types de classifi cation
pour faire correspondre
des fonctions identiques
à des titres différents ? ”
Contrairement à la Suisse alémanique,
cette nouvelle formation qui débutera
dans le canton de Genève à la rentrée
2005 sera de type généraliste, notamment
pour favoriser une plus grande
mobilité professionnelle. A noter que le
titre est encore provisoire, l’ordonnance
de formation n’étant pas fi nalisée à la
date du Forum. La question reste ouverte,
entre accompagnant-e et assistant-e
socio-éducatif-ve.
Tant les employeurs (représentés par
Claude Howald) que les employés (représentés
par Françoise Weber) souhaitent
qualifi er le plus de collaborateurs avec
un CFC reconnu sur le plan fédéral. Face
à un personnel d’adultes, ils attendent
beaucoup de la validation des acquis.
Françoise Weber a relayé la crainte des
syndicats d’avoir une déqualifi cation par
rapport aux exigences actuelles. En effet,
beaucoup de professionnels aujourd’hui
en exercice sont au bénéfi ce d’une formation
de niveau tertiaire.
La discussion en groupe a notamment
soulevé la question de l’éventuelle concurrence
entre ces nouveaux diplômés et
les éducateurs de la petite enfance, ainsi
que la nécessité de clarifi er les rôles et
fonctions des différents professionnels.
La question des stages dans un marché
engorgé et celle d’une mise en place
rapide de validation d’acquis pour les
adultes ont également été posées.
CFC d’assistante-e en soins
et santé communautaire
Rapporté par Anne Fischer, directrice de
l’Ecole d’assistant-e en soins et santé
communautaire (ASSC) et animé par
Jean-Pierre Rageth du DASS, Raymonde
Alvarez-Ceyssat, directrice adjointe des
soins infi rmiers aux HUG et Delphine
Besson, présidente de l’Association vaudoise
des ASSC, l’atelier a permis de dresser
un premier bilan de cette formation
qui existe à Genève depuis la rentrée scolaire
2003. Il a aussi donné des indications
sur la future révision de l’Ordonnance de
formation prévue pour 2008. Au plan
de l’insertion professionnelle, Delphine
Besson a relevé que sur 30 membres de
son association, 14 avaient un emploi fi xe
et 7 un emploi à durée déterminée, tous
dans des institutions de santé. Les autres
poursuivent leur formation ou ont quitté
leur emploi.
Raymonde Alvarez-Ceyssat a précisé la
position de l’employeur hôpital qui, dans
un souci d’une organisation effi cace du
travail, souhaite d’abord clarifi er le niveau
de responsabilité des ASSC par rapport
aux infi rmiers et infi rmières. Le risque
existe d’une parcellisation des tâches en
raison du nombre important de niveaux
de soignants dans les services de soins.
Cette question sur le niveau d’autonomie
des ASSC et la nécessité de défi nir les
responsabilités en rapport avec la complexité
des situations a été reprise lors
des discussions de groupe. Ici aussi a été
mentionné le risque d’une parcellisation
du travail et donc d’une confusion dans
l’organisation des tâches : faut-il réduire
les niveaux de formation ou défi nir de
nouveaux types de classifi cation pour
faire correspondre des fonctions identiques
à des titres différents ? Qu’en est-il
de l’eurocompatibilité des formations
mais aussi des compétences requises pour
telle ou telle fonction ? Les participants
ont relevé l’urgence de concevoir une
politique de santé qui tienne compte des
besoins en compétences, donc en profi ls
professionnels, quitte à modifi er la typologie
des niveaux commentée par Armin
Schöni dans sa conférence : agir encadrer,
agir autonome, agir expert.
Qualification-requalification-validation
des acquis dans la santé et le social
Rapporté par Sylvie Jaccard de l’OOFP, cet
atelier animé par Grégoire Evéquoz de
l’OOFP, Brigitte Besnier, chargée de formation
à la Fondation des services d’aide
et de soins à domicile et Alberto Chiappe,
délégué syndical à la Communauté genevoise
d’action sociale, a permis d’expliciter
le dispositif de validation des acquis
tel qu’il est appliqué dans le canton de
Genève. Créé en 1999 et appliqué pour
une trentaine de CFC, ce dispositif a déjà
accueilli plus de 1 500 adultes. Il a aussi
permis une diminution de 50% du taux
d’échec aux examens fi naux. A ce jour
140 CFC d’assistant-e dentaire ont été
délivrés par validation des acquis. Un
projet de validation des acquis pour le
CFC d’ASSC est actuellement en cours.
Favorable à la validation des acquis dans
les domaines de la santé et du social,
Brigitte Besnier, qui relatait le point de
vue employeur, pose toutefois deux conditions
: que les candidats soient informés
et accompagnés durant tout le processus
et qu’ils puissent bénéfi cier si besoin
de compléments de formation. Alberto
Chiappe, relatant la position employé,
s’est également clairement déclaré
en faveur de la validation, considérée
comme un acte formateur. Il a souligné la
nécessité d’un dialogue permanent entre
4
Compte rendu du 17e Forum Vision 3 OOFP
Synthèse
Lors de sa synthèse, Jean-Marc Guinchard,
directeur général de la santé au
DASS, a d’emblée précisé que l’intégration
des nouveaux métiers de la santé et
du social dans la fi lière professionnelle
présente toute une série de diffi cultés.
Non pas que le domaine santé/social soit
particulièrement compliqué, il est simplement
complexe. D’où l’énumération des
principales diffi cultés.
La première concerne la pudeur qu’on
a à parler d’argent. Pourtant la santé,
l’action sociale coûtent, le professeur
Bailly l’a rappelé dans sa conférence. La
vision médicométrique qu’il a développée
est appelée à s’élargir en une vision
médicosociométrique. C’est la deuxième
diffi culté.
La troisième diffi culté concerne les
bouleversements de la formation. Ils
sont d’abord d’ordre constitutionnel, en
raison d’une répartition des tâches et des
compétences entre les cantons et la Confédération,
en raison aussi de différences
d’application d’un canton à l’autre. Ils
sont ensuite d’ordre organisationnel,
puisque plusieurs départements sont
impliqués : l’instruction publique, l’action
sociale et la santé et l’économie publique.
Les conséquences des différences culturelles
ne sont pas négligeables non plus.
La restitution en plénière des travaux de
l’atelier sur le CFC d’assistant-e socioéducatif-
ve l’a bien montré : il existe des
conceptions distinctes entre Alémaniques
et Romands, sans parler des diffi cultés
d’ordre personnel, c’est-à-dire liées à
la personnalité des intervenants. Ces
derniers, en plus d’un ego que Jean-Marc
Guinchard a souligné, ont tendance à
défendre leur pré carré avec vigueur,
oubliant parfois que les métiers et les
institutions dans lesquelles on les exerce
doivent se construire d’une manière
transversale. Ils doivent agir autour et
au profi t de l’usager. Tout système qui
se créerait de façon contraire fi nirait par
s’auto-alimenter et n’aurait plus pour
préoccupation majeure de s’occuper des
usagers et de soigner les patients.
les représentants des employeurs, des
employés et des écoles.
La discussion en groupe a mis en évidence
les diffi cultés à mettre en place des
validations d’acquis pour les nouveaux
métiers de la santé et du social, notamment
en raison de l’incertitude concernant
l’intégration professionnelle des
nouveaux diplômés. Et pourtant l’attente
est grande : pour preuve, la participation
massive – plus de 400 personnes – lors
d’une récente séance d’information sur la
validation des acquis pour le CFC d’ASSC.
Formation initiale de deux ans
dans la santé et le social
La formation initiale de deux ans n’est
possible que depuis l’entrée en vigueur,
le 1er janvier 2004, de la nouvelle loi
fédérale sur la formation professionnelle.
Elle remplace la formation élémentaire et
débouche sur une attestation fédérale de
qualifi cation. A Genève, en fonction de
la parution des nouvelles ordonnances de
formation, seules quatre professions sont
pour l’instant concernées : assistant-e
du commerce de détail, employé-e de
cuisine, employé-e d’hôtel et employé-e
de restauration. D’où l’intérêt de l’atelier
consacré aux domaines de la santé et du
social, animé par Erwin Fischer de l’OOFP,
Christine Serdaly Morgan, responsable
de la formation à la Fédération genevoise
des établissements médico-sociaux,
Lucien Martenot, secrétaire syndical au
Syndicat interprofessionnel des travailleuses
et travailleurs et rapporté par Françoise
Ruchet de l’OOFP.
Christine Serdaly Morgan a exposé le
point de vue employeur : la perspective
d’une attestation fédérale pour les actuelles
aides soignantes, le plus souvent sans
qualifi cation reconnue, est un pas important
et une première étape vers un CFC.
Mais cette formation doit correspondre à
des besoins réels pour assurer une réelle
employabilité. Lucien Martenot a réaf-
fi rmé le point de vue employé, à savoir
que l’objectif prioritaire est le CFC pour
toute personne capable d’obtenir cette
certifi cation. Pas question de favoriser un
dumping de formation et, partant, un
dumping salarial.
Plusieurs thèmes ont également été
mentionnés lors de la discussion avec
les participants de l’atelier, que ce soit le
fi nancement des nouvelles formations
au moment où le DASS diminue ses
subventions aux EMS, le public cible de
ces formations initiales (jeunes et adultes),
la crainte d’une stigmatisation des
personnes en fonction de leur niveau de
formation ou encore la reconnaissance
européenne de cette attestation.
“ Il convient de faire
l’inventaire des possibles
plutôt que de recenser
l’impossible, même
en période budgétaire
diffi cile ”
5
Compte rendu du 17e Forum Vision 3 OOFP
OOFP
Offi ce d’orientation
et de formation professionnelle
6, rue Prévost-Martin
Case postale 192
1211 Genève 4
Tél. 022 388 44 00
Fax 022 388 44 20
E-mail oofp@etat.ge.ch
www.geneve.ch/oofp/
evenements/forum_vision3.asp
Contact Forums Vision 3
Yvonne-Marie Ruedin
Tél. 022 388 44 27 / 388 44 24
yvonne-marie.ruedin@etat.ge.ch
Réussir ses choix.
Réussir sa vie.
Nouveaux métiers santé/social :
comment les intégrer ?
Animée par Stéphane Jacquemet, la table
ronde a réuni Charles Beer, conseiller
d’Etat en charge du Département de l’instruction
publique à Genève ; Pierre-François
Unger, conseiller d’Etat en charge
du Département de l’action sociale et
de la santé à Genève ; Christine Serdaly
Morgan, responsable de la formation à la
Fédération genevoise des établissements
médico-sociaux à Genève ; Marianne
Schmid, responsable du département
Formation à l’Association suisse des
infi rmières et infi rmiers à Berne et Daniel
Pilly, directeur général de l’Enseignement
secondaire postobligatoire à Genève.
Les débats durant la table ronde se sont
articulés autour de quatre grands axes : le
choc culturel que représente l’intégration
de ces nouveaux métiers santé/social dans
la fi lière de la formation professionnelle ;
les enjeux politiques pour les départements
concernés, celui de l’instruction
publique et celui de la santé et de l’action
sociale ; les responsabilités des différents
acteurs dans la mise en place des dispositifs
de formation et, enfi n les questions
liées à l’organisation du travail.
Les intervenants ont été unanimes à relever
l’impact du choc culturel. Le consensus
prôné hier par la Croix-Rouge suisse
pour les professions de la santé a vécu.
Aujourd’hui, les décisions se prennent
à Berne, de façon centralisée, à l’Offi ce
fédéral de la formation professionnelle
et de la technologie et aux sièges des
associations professionnelles faîtières. Aux
associations professionnelles locales et
régionales de s’organiser en conséquence
pour que leur desiderata soient entendus
et pris en compte au niveau faîtier.
Et pourtant, cette révolution, plus importante
qu’il n’y paraît, est une chance,
tous les intervenants l’ont souligné.
Ces diffi cultés n’effraient pas Jean-Marc
Guinchard. Au contraire. Relevant l’esprit
positif et proactif qui a animé les présentations
et travaux de groupe de la
journée, il est confi ant pour l’avenir, avec
la mise en place d’un système de formation
« évolutif et créatif ». Ce système
va impliquer une nouvelle répartition
des compétences entre les acteurs : les
cantons, les employeurs, les employés.
Genève a d’ailleurs une longue expérience
du tripartisme. Aujourd’hui, ce
partenariat devient du quadripartisme
avec les ORTRA : c’est un nouveau défi .
Il faudra surmonter les craintes, défi nir
les responsabilités, bannir la confusion,
éliminer les risques de parcellisation, pour
reprendre les mots qui ont traversé les
débats durant ce Forum. Il conviendra
de faire l’inventaire des possibles plutôt
que de recenser l’impossible, même dans
cette période budgétaire diffi cile. Une
diffi culté supplémentaire qui doit être un
aiguillon pour titiller notre imagination !
Table ronde
Une chance, car elle donne un cadre
de référence structuré, une politique
cohérente en matière de formation et la
possibilité d’acquérir une qualifi cation
professionnelle à la sortie de la scolarité
obligatoire.
Une chance, car elle implique un nouveau
rôle pour les employeurs qui vont
devoir préciser leurs besoins en personnel
et défi nir des objectifs de formation.
Un devoir aussi pour ces derniers : celui
de dégager suffi samment de places de
stages afi n de former des jeunes et ainsi,
assurer la relève à une époque de pénurie
généralisée de professionnels qualifi és.
Une chance, car elle incite les associations
professionnelles faîtières à jouer un rôle
déterminant dans le cadre des ORTRA
pour la mise en place du dispositif.
Une chance, enfi n, car elle favorise un
véritable partenariat entre les différents
acteurs : Confédération, cantons, associations
professionnelles, institutions de
formation. La Loi fédérale sur la formation
professionnelle le dit très clairement :
la formation professionnelle est de la
responsabilité conjointe de la Confédération,
des cantons et des organisations
du monde du travail. A eux de bâtir la
nouvelle architecture des professions de
la santé et du social au moyen des piliers
du secondaire II et du tertiaire.
Plusieurs intervenants autour de la table
et dans la salle ont insisté sur la nécessité
de placer l’usager au coeur du système.
Ils ont fait part de leur inquiétude,
pour ne pas dire de leur crainte, d’avoir
dans un futur proche des organisations
centrées sur les métiers et non sur les
besoins, avec pour conséquences une
offre de places de stages en fonction des
profi ls recherchés ou l’engagement, pour
des raisons budgétaires, de telle ou telle
catégorie de professionnels au détriment
d’autres, par exemple des ASSC au détriment
d’infi rmiers-infi rmières.
Compte rendu : Yvonne-Marie Ruedin
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