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Les squiggles de Winnicott

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Les squiggles de Winnicott

Les squiggles de Winnicott

Le docteur Winnicott[11] décrit avec beaucoup de clarté l’utilisation du petit jeu qui permet de découvrir le monde imaginaire de l’enfant: les squiggles.

 

Il est très simple à exécuter. D'abord l'éducateur trace une courbe libre sur une feuille et laisse l'enfant le compléter à sa guise pour en faire un petit dessin représentatif.

 

Ensuite l’enfant réalise une autre courbe de son choix et l'éducateur le complète. Cela se fait plusieurs fois à tour de rôle. C’est très amusant et puissamment focalisant pour l’enfant. L'accès à l’imaginaire se fait de façon extrêmement simple et ludique.

 

Cette technique est très utile avec des enfants ayant des difficultés à s'exprimer en présence d'un adulte, à entrer en relation avec les adultes ou souffrant de troubles dans la relation directe. De plus cette méthode permet de laisser l'éducateur spontanément en position basse.

 

 

 

La consultation thérapeutique et l'enfantLa consultation thérapeutique et l'enfant
de D. W. WinnicottDonald Woods
C'est dans l'excellent ouvrage la consultation thérapeutique de l'enfant gallimard 1991, que j'ai découvert les travaux de Winnicott, je vous conseille aussi la lecture du texte de Winnicott Jeu et Réalité l'espace potentiel aux éditions gallimard.Voici une brève présentation de son travail et de sa personnalité.

 

JEU ET REALITEJEU ET REALITE
de Winnicott d W
Pédiatre et psychanalyste, D.W.Winnicott est la grande figure de la psychanalyse britannique. Sa contribution au mouvement analytique consiste en une exploration originale de la relation mère-enfant.

C'est en 1951, dans un article qui fait date, que Winnicott accomplit sa découverte théorique majeure : le phénomène transitionnel. Il correspond au moment où l'enfant sort de l'illusion de pouvoir créer l'objet de son désir, illusion engendrée et entretenue par la bienveillance maternelle qui va toujours au-devant des attentes supposées du nourrisson et du bébé. L'enfant surmonte cette désillusion à l'aide d'un objet quelconque mais irremplaçable (pouce, peluche...) par lequel il crée entre lui et le monde l'univers du jeu. Si l'objet élu est destiné à être abandonné avec l'âge, l'"espace potentiel" qu'il décrit ne disparaît pas : contrairement à l'espace des choses auxquelles nous devons nous adapter, il est le lieu des objets qui dérivent de notre imagination, l'espace de tout acte créateur. --Emilio Balturi

Sa vie

Pédiatre et psychanalyste anglais, Donald Woods Winnicott occupe une place à part dans la psychanalyse infantile du fait de son originalité, de son non-conformisme et de sa position en marge des deux écoles britanniques d'Anna Freud et de Mélanie Klein. Ses émissions radiophoniques à la B.B.C. ont eu un impact considérable sur les parents. La plupart des textes de ces émissions sont publiés. Il s'agit essentiellement d'entretiens destinés aux mères de famille. Ses recherches théoriques et ses observations cliniques s'attachent toutes à reconstruire la dynamique de la petite enfance, celle du narcissisme primaire où la relation de la mère et du nourrisson est essentielle. Il essaie de raccorder la connaissance analytique aux notions héréditaires, biologiques, physiologiques indispensables pour comprendre les phénomènes de l'enfance. Son sens de l'humour donne un côté très agréable à ses écrits.

Ses théories

Son approche thérapeutique et ses travaux théoriques ne peuvent être dissociés de sa personnalité singulière. Sa technique du "squiggle game" ou "griffonnage" par exemple est restée célèbre : l'adulte et l'enfant proposent et interprètent tour à tour des "gribouillis" librement dessinés sur une feuille blanche. Winnicott a surtout marqué l'histoire de la psychologie infantile pour ses contributions à deux thèmes : l'objet transitionnel (pouce, bout de couverture, ours en peluche) et la notion de "self". Par ce dernier mot, le psychanalyste désigne une fonction tout à fait originale, qui n'est ni tout à fait le "moi", ni le sujet, ni encore la personnalité. Ce terme s’interprète par contraste avec le "faux self" qui correspond à tout ce qui, chez une personne, est en "toc" ou faux-semblant. Le faux self fonctionne comme protection contre l'angoisse et les agressions mais est aussi révélateur d'un déséquilibre profond. Le vrai "self" représente par opposition la part vivante, spontanée, inventive de l'individu.

Winnicott apporte un éclairage nouveau sur le fonctionnement mental du très jeune enfant. Il considère que le bébé est une personne dès les premiers jours. Il estime que le bébé sait plus de choses sur sa mère qu'elle en connaît sur lui car il a partagé durant 9 mois sa vie intime. Il est persuadé qu'une mère qui aime "normalement" son enfant est une bonne mère. Winnicott s'est aussi penché sur les soins prodigués aux nourrissons. Il donne beaucoup d'importance à la manière dont la mère porte son enfant (holding), la manière dont elle le soigne (handling) et la manière qu'elle a de lui présenter les objets nouveaux (objet presenting). Il estime que les soins doivent posséder des caractéristiques de continuité, de fiabilité et d'adaptation progressive aux besoins de l'enfant. Le "holding", difficilement traduisible, est l'ensemble des attitudes adoptées inconsciemment par la "mère suffisamment bonne " (good enough mother) qui offre à son bébé une sorte de nidation extra-corporelle après la vie intra-utérine. C'est un moyen de le préserver contre l'angoisse, la rupture, la perte. Winnicott insiste sur le fait qu'aucun traumatisme n'est irrémédiable, qu'il existe toujours une possibilité de le réparer. C'est la raison pour laquelle on oppose souvent les conceptions "optimistes" de Winnicott à la vision tourmentée de Mélanie Klein.

"Pour commencer, je pense que vous serez soulagée d'apprendre que je n'ai pas l'intention de vous indiquer ce que vous devez faire. Je suis un homme et, par conséquent, je ne peux pas savoir réellement ce que c'est que de voir là, emmitouflé dans un berceau, un petit morceau de ma personne, un petit morceau de moi ayant une vie indépendante et qui, peu à peu, devient une personne. Seule une femme peut vivre cette expérience. (...). Parmi les choses courantes que vous faites, vous accomplissez tout à fait naturellement des choses très importantes. Ce qui est beau ici, c'est qu'il n'est pas nécessaire que vous soyez savante ; vous n'avez même pas besoin de penser si vous ne le désirez pas. Peut-être avez-vous été désespérément mauvaise en arithmétique à l'école, peut-être toutes vos amies ont-elles eu des bourses, mais vous n'aimiez pas la vue d'un livre d'histoire, ce qui fait que vous n'auriez pas réussi même si vous n'aviez pas eu la rougeole juste avant l'examen. Peut-être encore êtes-vous vraiment savante. Peu importe toutefois, cela n'a rien à voir avec le fait que vous soyez ou non une bonne mère. Si un enfant peut jouer avec une poupée, vous pouvez être une mère normalement dévouée et je suis persuadé que vous êtes cela la plus grande partie du temps. N'est-il pas étrange qu'une chose d'une aussi grande importance dépende si peu d'une intelligence exceptionnelle !"

D. W. Winnicott, pédiatre et psychanalyste a travaillé toute sa vie avec les enfants. Ses travaux, issus de Melanie Klein s'en éloigneront et reconnaîtront la fonction de l'objet externe et l'influence de l'environnement primaire. Il insistera sur le « tenir » : le holding et le handling. Il développera la conception originale d'un espace de création, l'espace transitionnel, qui se situe comme intermédiaire dans le champ de la relation précoce et est à la base de la culture. La mère est le premier miroir de l'enfant et la représentation du vécu corporel de l'enfant passe par l'image du corps de la mère. La relation objectale la plus ancienne contient aussi la menace d'annihilation. La présence excessive ou empiètement double l'angoisse d'abandon liée à l'absence de l'angoisse d'intrusion, source de désorganisation. La capacité anticipatrice de la mère ne doit pas excéder les besoins de l'enfant sauf à éteindre son dynamisme propre. D.W. Winnicott a placé la haine nécessaire du côté d'un suffisamment bon chez la mère en élaborant la conception d'une haine qu'il placera aussi dans le fonctionnement psychique de l'analyste au travail en parlant d'une haine dans le contre transfert. D. W Winnicott dont les travaux ont inspiré fortement les recherches des psychanalystes, en particulier sur les états limites, concevra la relation précoce mère-bébé comme étant à l'origine d'une maladie normale, la préoccupation maternelle primaire. Pour D. W. Winnicott, le jeu deviendra le lieu de l'expérience de la réalité, l'espace où se déroulent les contacts, les transitions entre l'intérieur et l'extérieur. Le jeu est un exercice de création d'objets. Le symbole est dans la distance entre l'objet subjectif et l'objet qui est perdu objectivement

 

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