Créer une offre d'emploi (gratuit)

Réflexion et institution

Partager : f
Réflexion et institution

Réflexion et institution

Thèmes

- Institutions sociales : quel rôle économique?
- CIF – un nouveau langage dans le secteur de l’aide aux personnes en situation de handicap
- Sonderfall romand 
- Qualités et facettes d'un enseignement spécialisé  


Communiqué de presse du 10 mai 2004

Institutions sociales : quel rôle économique?
Les 6 et 7 mai 2004, Integras, association professionnelle pour l'éducation et la pédagogie spécialisées, a réuni pour la deuxième fois une cinquantaine de directeurs d'institutions en colloque à Morat pour relever un défi : évaluer l'importance des institutions sociales dans la vie économique. Marie-Luce Délez, docteure en sciences économiques et sociales, a amorcé deux pistes possibles : les statistiques et le rapport coût/bénéfice. Dans un débat animé par Patrice Favre, Gisèle Ory, conseillère aux Etats socialiste et Francis Sermet, Development Economic Western Switzerland, ont incité les responsables d'institutions sociales à innover.

Les institutions sociales font partie de l’économie sociale et rendent à ce titre des services individuels à leurs usagers en même temps qu’elles produisent de nombreux services d’utilité publique. Y a-t-il une volonté politique d'ignorer leur contribution ? Les institutions sociales sont-elles responsables de cette méconnaissance ?

Les moyens d’identification, de mesures et de calcul font défaut en Suisse pour le moment. Toutefois ces lacunes n'ont pas découragé Marie-Luce Délez, prof. HES à l'école d'études sociales et pédagogiques de Lausanne, à procéder à une analyse basée sur quatre axes de recherche : la protection sociale, la formation du capital humain, la constitution du capital social et la réponse à donner aux nouvelles dépenses sociales. La conférencière principale du colloque de Morat propose deux pistes, les statistiques et l'approche basée sur des modèles d’analyse coût-bénéfice.

Gisèle Ory, directrice de Pro Infirmis Neuchâtel en plus de son mandat politique, et Francis Sermet, responsable de la promotion économique des cantons de Vaud, Neuchâtel et du Valais, dans le cadre d'un débat animé par Patrice Favre, chef de la rubrique Suisse à La Liberté, se sont interrogés : initiative privée ou garantie de l'Etat ? Gisèle Ory, consciente des répercussions des paquets fiscaux, a dressé une comparaison internationale, tandis que Francis Sermet a proposé aux membres d'Integras d'être plus actifs sur le plan de la communication.

Deux enquêtes ont été présentées. L'une a mesuré l'apport de la société civile aux institutions en don et bénévolat : dans le canton de Vaud : près de 10 millions de francs ! L'autre a analysé la transition Ecole-Métier pour les adolescents en difficulté.

Marc-André Baud, directeur des EPSE (Etablissements publics socio-éducatifs ) a produit les chiffres de son institution : la production des six ateliers a passé de Fr. 60'000.-- à 1986 à Fr. 535'000.-- en 2003.

Pour de plus amples renseignements, veuillez vous adresser à : Monique Bassin, Integras, tél. 021 329 07 69 ou natel 079/757 35 86 - monique.bassin@integras.ch  -  www.integras.ch

Integras, association professionnelle pour l’éducation et la pédagogie spécialisées, a été fondée il y a plus de 80 ans et regroupe plus de 230 institutions ou associations, services itinérants, écoles spéciales (internats et externats), centres de formation (dont 70 en Suisse romande) et encadre 9000 enfants, adolescents et jeunes adultes. Ce sont soit des jeunes placés suite à un mandat des services sociaux, ou en exécution de mesures et de peines (Office fédéral de la Justice, OFJ), soit des enfants nécessitant un enseignement spécialisé sur décision de l'assurance-invalidité (AI).

Lausanne, le 10 mai 2004

au début du texte

______

Communiqué de presse, avril 2004

CIF – un nouveau langage dans le secteur de l’aide aux personnes en situation de handicap
La CIF (classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé) a été publiée pour la première fois par l’OMS (organisation mondiale de la santé) en 2001. En Suisse, certaines institutions du secteur de l’enseignement spécialisé et de l’assistance aux personnes handicapées l’utilisent déjà, parfois à titre d’essai. Dans la pratique, la CIF peut offrir une nouvelle manière de voir le handicap : elle ne met pas l’accent sur les «déficits», est moins restrictive et prend en considération chaque personne dans sa globalité.

Integras, l’association professionnelle pour l’éducation et la pédagogie spécialisées, s’est penchée sur le nouveau système de classification lors de son colloque de printemps destiné aux responsables d’écoles spéciales et intitulé «La CIF: une  nouvelle approche de la situation de handicap». Le 24 mars 2004 à Berne, des représentant-e-s de l’enseignement spécialisé et de la pratique ont mis en lumière les possibilités d’utilisation de la CIF. Ils se sont également demandé dans quelle mesure la CIF pouvait être mise à contribution pour la planification des cantons, le recensement statistique des handicaps et la planification du soutien. Et cela notamment en prévision de la RPT, (Réforme de la péréquation financière et de la répartition des tâches entre la Confédération et les cantons) respectivement en vue du retrait des prestations de l’AI en cas d’acceptation du projet lors du vote populaire en automne prochain.

Olivier Maradan, secrétaire général remplaçant de la CDIP et responsable de la coordination du secteur «école obligatoire» a énuméré les subventions de l’AI destinées à l’enseignement spécialisé, aux frais de construction et d’entretien des centres de formation, ainsi qu’aux centres de formation du personnel spécialisé qui seront supprimées. Il a en outre présenté deux accords visant à harmoniser les réglementations cantonales: d’une part, l’accord intercantonal sur les écoles spéciales et, d’autre part, l’accord intercantonal sur l’octroi de bourses. Pour Olivier Maradan, un nouveau cadre légal est indispensable au niveau cantonal et des standards obligatoires doivent être mis en place. Dans ce contexte, la CIF pourrait jouer un rôle important. Olivier Maradan a comparé la CDIP à un conseil de sécurité de l’ONU et a affirmé qu’elle était très consciente de ses futures responsabilités.

Peter Lienhard, responsable du département des prestations à la Haute école de pédagogie curative de Zurich, a décrit les divers systèmes de classification qui sont utilisés pour déterminer et décrire les handicaps. Il a ainsi souligné que la CIF permet non seulement d’examiner l’aspect physique, mais qu’elle repose également sur un modèle «bio-psychosocial» qui considère la personne handicapée dans son environnement. Peter Lienhard a cependant aussi démontré les limites de la CIF qui n’est pas un «remède universel». Elle ne doit pas entraîner une répartition linéaire des exigences en matière de ressources et de mesures. Selon lui, l’utilisation de la CIF nécessite des connaissances approfondies et doit faire l’objet d’un travail de consensus.  au début du texte  

Daniel Abgottspon, chargé de l’enseignement et des écoles spéciales auprès du département d’enseignement spécialisé du canton de Lucerne, s’est interrogé sur une direction cantonale basée sur le nouveau système de classification. Après l’introduction de la RPT, la garantie de l’AI pour les mesures d’enseignement spécialisé sera supprimée. Parallèlement, la demande en places dans des écoles spéciales ne cessera de croître. Avec la RPT, Daniel Abgottspon craint que les disparités entre les cantons ne s’exacerbent, que les enfants handicapés soient ballottés d’un endroit à l’autre et qu’une pression accrue soit exercée sur les handicapés les plus lourdement touchés. Le conférencier s’est résolument prononcé contre des mesures d’économie linéaires: des mécanismes de contrôle sont indispensables pour la répartition des moyens financiers afin que les enfants et les adolescents handicapés continuent à bénéficier du soutien auquel ils ont droit. La CIF pourrait notamment être utilisée pour l’élaboration des plans d’enseignement et la planification des mesures de soutien dans le secteur de l’enseignement spécialisé, mais ne devrait pas être appliquée quand il s’agit d’attribuer des prestations et de financer des mesures d’éducation spécialisée.

L’utilisation de systèmes de classification dans la pratique a été évoquée par Elena Perez Crim, médecin-chef du service psychiatrique pour enfants et adolescents de Genève. Un service qui travaille avec un schéma de classification parfois très proche de celui de la CIF. Pour Elena Perez, la CIF est un instrument complémentaire qui tient compte de l’environnement personnel du client, mais qui n’est pas utilisable tel quel en raison de sa complexité. «L’important, ce sont les mots que nous utilisons pour décrire un handicap», a relevé de son côté Anne-Michèle Stupf, directrice d’insieme à Genève. L’histoire d’insieme, l’association de parents active aussi bien au niveau local que national, reflète le changement dans la perception du handicap. En règle générale, insieme Genève est plutôt sceptique face aux tentatives de classifier les handicaps. Pourtant, la CIF apporte une dimension sociale et aborde ainsi la question de la responsabilité sociale et politique.

Enfin, Magdalena Wagner, directrice du centre scolaire TSM pour enfants et adolescents handicapés à Münchenstein, a expliqué comment un groupe de direction a développé au sein de son établissement une nouvelle trame inspirée de la CIF pour la rédaction des rapports sur les enfants. Elle aussi a mis en exergue le «nouveau langage spécifique utilisé par toutes les parties». Elle a par contre préconisé l’élaboration d’une version pour enfants de la CIF. Magdalena Wagner a estimé que les premières expériences réalisées avec la CIF sont bonnes. Celles-ci vont désormais être approfondies et le système développé, mais la directrice est persuadée que le nouveau plan de soutien mis en place sur la base de la CIF pourra être utilisé dans l’ensemble du centre.

au début du texte

au début de cette page

 

L'article suivant est paru dans REPERE SOCIAL - Revue d'information sociale No 52 - novembre 2003

Education et pédagogie spécialisées : Sonderfall romand !

Berne projette de reporter certaines tâches sur les cantons, avec pour conséquence une réduction des prestations et du personnel. C’est l’occasion pour les Romands de faire connaître leurs points forts.

La Suisse romande est un Sonderfall. Le saviez-vous ? La qualité de la formation des professionnels du domaine social et l'encadrement des usagers dans les institutions sont supérieurs, en moyenne, aux standards de Suisse alémanique.

Des esprits chagrins pourraient en déduire que, une fois de plus, les institutions d’éducation et d’enseignement spécialisés pour mineurs de Suisse romande coûtent trop cher. D’autres encore, moins faussement peinés, vous diront que les comparaisons, d’une région linguistique à l’autre, sont risquées. Integras, association professionnelle pour l'éducation et la pédagogie spécialisées, constate que nos pratiques dans le domaine social, sont effectivement confrontées aux logiques des ratios et des classements intercantonaux dans la course aux économies.

Les différences entre Romands et Suisses allemands existent bel et bien. Dans le domaine de la formation sociale par exemple, cela fait plus de 20 ans que les Romands se concertent en matière de formation des directeurs d’institutions et qu'ils agissent en commun, alors que les formations en Suisse allemande sont nombreuses et de niveau fort différent.

Dès 2004, les allégements fiscaux décidés par les Chambres fédérales en juin dernier ainsi que la nouvelle répartition des tâches entre la Confédération entraîneront des réductions de prestations et de personnel. 1) Integras ne tolérera pas que l'encadrement professionnel des enfants en institutions soit mis en péril sans véritable débat politique! Il est essentiel que les professionnels du domaine social, pas seulement les directeurs, mais tous les responsables, prennent mieux conscience des nouvelles données de leur environnement.

Un enjeu de taille

Pour la première fois - conscients de ce défi - les membres romands d'Integras se sont réunis les 22 et 23 mai 2003 en un colloque de deux jours à Morat. Le thème « Directeur d'institution = gestionnaire PME? » a été analysé par Alain Mulard, professeur de sciences économiques et sociales. Son credo : faisons face aux restrictions budgétaires et à la complexité des situations en ayant comme moteur la créativité collective et la variabilité.

Nicole Eichenberger a provoqué ses collègues, en majorité masculins, par la note très personnelle de sa conférence intitulée « Et si la passion de son métier boostait la créativité… ». L'énergique directrice de Serix, internat pédagogique et thérapeutique, a osé lever le voile sur le tabou de la concurrence. 2) Sa conclusion rejoignait celle d'Alain Mulard : « Soyons souples dans l'intérêt des enfants qui nous sont confiés! »

Un exemple: Nicole Eichenberger, dont l’institution se situe dans le district d’Oron, avait trouvé pour un enfant vaudois une famille d'accueil dans une localité proche… hélas, en pays fribourgeois. La voilà à cheval entre deux cantons, au four et au moulin avec deux administrations.     au début du texte

Or, les administrations cantonales vont être bientôt sollicitées de tous côtés, puisque la réforme de la péréquation financière et de la répartition des tâches entre la Confédération et les cantons (RPT) prévoit de céder aux cantons des secteurs essentiels de l'action sociale suisse. Rappelons qu’en Suisse il y a 800’000 handicapés 3), dont 30 000 gravement atteints. En abandonnant le financement des foyers et des ateliers, la Confédération met en danger l'égalité de traitement et le libre choix de domicile de ces personnes. Leurs chances d'intégration au monde du travail divergeront d'un canton à l'autre. En plus, les subventions versées par l'AI pour la formation et le perfectionnement du personnel spécialisé seront supprimées.

Comment défendre, dans l'intérêt des 8930 enfants qui nous sont confiés, un encadrement de qualité face à 26 systèmes cantonaux différents? Les responsables des institutions sociales ont encore du pain sur la planche! Beaucoup de professionnels issus du secteur social pensent parfois qu’il suffit de résister aux mesures d’économie ou d’attendre des jours meilleurs.

Affirmer la particularité romande ne consiste pas à camper sur des positions défensives. Pour les membres romands d'Integras, il s'agit dans un premier temps de faire connaître les particularités romandes au-delà des frontières cantonales, régionales et linguistiques.

Monique Bassin, Secrétaire du Bureau romand d’Integras

Integras, association professionnelle pour l'éducation et la pédagogie spécialisées fondée il y a plus de 80 ans compte actuellement plus de 210 membres dont 70 en Suisse romande: institutions ou associations, écoles spéciales (internats et externats) et centres de formation. Des particuliers soutiennent également notre action. Nos membres encadrent 8930 enfants, adolescents et jeunes adultes en difficultés.

1) Suite à la suppression de l'imposition de la valeur locative, l'administration cantonale des impôts du canton de Vaud estime par exemple les baisses supplémentaires de recettes à quelque 100 millions dès 2008 (cf 24 heures, 13/08/2003).
2) Sa conférence, ainsi que celle du professeur Mulard, peuvent être commandées au secrétariat d'Integras, fax 01 201 23 25.
3) 37 millions en Europe

au début du texte

au début de cette page

 

Qualités et facettes d'un enseignement spécialisé
L'intégration des enfants présentant des difficultés d'apprentissage provoque parfois des débats passionnés. Certains textes prônent l'intégration immédiate des enfants dans les classes ordinaires - sans nuancer les propos. Or, dans les faits, les institutions d'enseignement spécialisé affiliées à Integras* constatent que de plus en plus d'élèves ont besoin d'un soutien pédagogique spécialisé (SPS). Les chiffres fournis par la Fondation de Verdeil révèlent clairement cette tendance: le nombre de journées SPS a passé de 2633 à 6435 de 1998 à 2002, soit une augmentation de 144,4 %. Ceci confirme que l'intérêt des enfants ayant des difficultés d'apprentissage requiert souvent un enseignement spécialisé.

Tous les enfants ont droit à l'enseignement, mais les enfants n'ont pas tous les mêmes chances à la naissance. Faut-il à tout prix inclure tous les enfants dans les classes ordinaires ? L'enseignement spécialisé, adapté aux compétences propres des enfants les plus fragiles, les prépare aussi à affronter de façon autonome les difficultés de la vie quotidienne.

Visitons donc une institution, par exemple l'école de Rovéréaz de la Fondation de Verdeil, en compagnie de Monique Bassin, secrétaire romande d'Integras.

La Fondation de Verdeil (www.verdeil.ch ) encadre près de 1000 enfants de 4 à 18 ans ayant des difficultés d'apprentissage. Elle est composée de sept écoles d'enseignement spécialisé, d'un réseau de classes spéciales intégrées (RECI), de structures de transition école-métier (TEM), de deux foyers de formation, d'un service éducatif itinérant (SEI), d'un service de soutien pédagogique spécialisé (SPS) et d'une unité pédago-thérapeutique itinérante (UPTI).

L'école de Rovéréaz accueille 62 élèves de 4 à 12 ans. Tous les élèves bénéficient d'un projet individuel. Ils sont encadrés, à plein temps, par 9 enseignants titulaires de classe. A temps partiel, l'école de Rovéréaz compte 5 remplaçants / accompagnants, 2 stagiaires (enseignants), 2 logopédistes, 1 maître spécialiste, 1 psychomotricien, 1 psychologue, 1 pédopsychiatre, soit un total de 2,3 % postes.

Interview de Michel Guignard, responsable du site de Rovéréaz
- "Qu'est-ce qui marque la rentrée 2003/2004 ?"
"A la rentrée 2003, nous avons accueilli beaucoup d'élèves de deuxième primaire."

- "Comment expliquez-vous ce phénomène ?"
"En fin de première année scolaire, les résultats scolaires sont tombés. Ils ont mis en évidence une difficulté d'apprentissage qui pouvait, peut-être, ne pas être perçue jusque-là.

- "Quel est l'âge moyen des enseignants spécialisés ?
La moyenne d'âge est de 41 ans. Dans le domaine de l'enseignement spécialisé, ce qui compte avant tout, c'est l'élément humain, l'expérience de vie est primordiale. La maturité et la valeur humaine valent de l'or. Nos enseignants spécialisés ont parfois des formations initiales d'un tout autre domaine. C'est un élément enrichissant."        au début du texte

- "Quelles sont vos relations avec les parents d'élèves ?"
"L'enseignement que nous donnons - nous pratiquons plusieurs pédagogies - peut déconcerter les parents. Lorsque les enfants déclarent avoir "joué" à l'école, les parents sont confrontés à leur représentation de l'école, leurs souvenirs les ramènent souvent à un enseignement plus traditionnel, donné dans leur enfance."

- "Que faites-vous pour éviter les malentendus ?"
"En plus des soirées thématiques et des visites en classe auxquelles nous demandons avec insistance aux parents d'assister, nous avons régulièrement des entretiens avec eux. Pour les parents étrangers, nous faisons aussi appel à des traducteurs."

A l'écart de l'immeuble moderne, la maison voisine au chemin de Rovéréaz 77 prépare deux classes de jeunes à la sortie de l'école de Rovéréaz :
- "Qu'est-ce que cela signifie concrètement ?"
"Concrètement, cela signifie pour certains apprendre à prendre le bus, donc à se déplacer de façon autonome ou, pour d'autres, apprendre à connaître l'heure. Pour d'autres encore, la priorité, c'est de savoir manier la soustraction."

- "Les élèves de Rovéréaz intègrent-ils à leur sortie l'enseignement ordinaire ?"
"En sept ans, nous avons eu deux élèves qui ont intégré des classes de développement. Ce sont des exceptions. En général, ils poursuivent leur formation scolaire à l'école des grands de Verdeil.


Michel Guignard me présente un enseignant spécialisé, Angelo Mancuso, qui pratique dans sa classe la méthode des "intelligences multiples" .

- "Quel est l'état d'esprit des nouveaux élèves à leur arrivée dans votre classe ?"
Angelo Mancuso : "Au début de l'année scolaire, les nouveaux élèves ont un sentiment d'échec et ont de la peine à parler de leurs habiletés, leur attention est surtout attirée par les erreurs."

- "Comment leur faites-vous surmonter ce sentiment d'échec ?"
 "Je leur fais développer de nouvelles compétences. J'ai ainsi aménagé huit coins dans la salle de classe, appelés centres. Par exemple le centre Patrick Dupont pour l'intelligence kinesthésique ou le centre Mahatma Ghandi pour l'intelligence intrapersonnelle. L'élève peut s'appuyer sur une nouvelle compétence qu'il s'est découverte pour retrouver l'envie d'apprendre. Tout le monde n'est pas intelligent de la même manière."     au début du texte   

- "Monsieur Mancuso, comment votre projet pédagogique est-il né?"
"Au début de ma pratique d'enseignant spécialisé, j'ai pris connaissance du programme scolaire vaudois. J'ai constaté que le français et les mathématiques prenaient beaucoup d'importance. Ces branches demandent beaucoup de connaissances cognitives … et nos élèves présentent souvent des difficultés dans ces deux domaines. En classe, j'ai observé des élèves qui chantaient juste, qui, s'orientaient bien dans l'espace, etc. Pour valoriser leurs compétences, je me suis inspiré de Howard Gardner[1] pour appliquer sa théorie des intelligences multiples à des élèves de 9 à 12 ans.

- "Comment valorisez-vous les progrès de vos élèves ?"
- "A la place des notes, mes élèves ont un portfolio. Il contient des photographies de l'enfant en train de réaliser des activités, des fiches, des cahiers et des dessins et est accompagné d'une cassette-vidéo. Tous les travaux sont réalisés sans l'aide de l'adulte et l'enfant doit pouvoir commenter le document avant de le classer dans le portfolio. Celui-ci est régulièrement présenté aux parents."

- "Transmettez-vous vos connaissances à l'extérieur ?"
"Je donne ponctuellement des cours à la Haute Ecole Pédagogique Vaudoise (HEP)."

- "Les parents vous expriment-ils de la reconnaissance ?"
Michel Guignard : "Je n'aime pas l'idée de la reconnaissance. Les enfants ayant des difficultés d'apprentissage sont heureux de progresser chez nous et nous sommes payés pour cela. Il est vrai qu'il est gratifiant de travailler avec nos enfants."

- "M. Guignard, en guise de conclusion, pouvez-vous me proposer des termes autour desquels nous pourrions nous unir?"
"L'autonomie. C'est le fait d'être autonome qui permettra l'intégration sociale de nos jeunes. Et la qualité de vie. La qualité de vie des enfants qui nous sont confiés me tient à cœur. Je me méfie des slogans dont on abuse facilement, comme celui de l'intégration scolaire. Les enfants peuvent être cruels entre eux, nous le savons tous. Ici, nos élèves ont un espace de bien-être. Je désire simplement faire comprendre que les institutions procurent aux enfants ayant des difficultés d'apprentissage une qualité de vie qu'ils ne trouveraient pas ailleurs."

Monique Bassin : "Ce qui m'a impressionnée aujourd'hui, ce sont les professionnels que j'ai rencontrés ici. Ils croient en en l'être humain avec un grand H, en chaque enfant, et transmettent leur expérience et leur savoir en toute simplicité. Merci à tous les enfants qui m'ont accueillie. C'était beau."        au début du texte

A l'école de Rovéréaz, plusieurs pédagogies sont appliquées et les élèves profitent de chacune par tournus tous les deux ans.

L'expression ludico-créative est une démarche qui permet aux enfants de se développer et d'accéder aux apprentissages à travers le jeu, l'expression et la créativité. L'élève, respecté dans sa différence et son rythme individuel, est acteur et auteur de ses apprentissages à l'intérieur d'aires d'expression.

L'approche par les intelligences multiples permet d'exprimer huit formes de l'intelligence : musicale, kinesthésique, logicomathématique, langagière, spatiale, naturaliste, interpersonnelle et intrapersonnelle. Ce concept donne la possibilité aux élèves non seulement de découvrir mais aussi de développer leurs compétences et de les manifester de façon différente et personnelle.    (retour à .....Angelo Mancuso, qui pratique dans sa classe la méthode des "intelligences multiples" .....

La pédagogie vivante offre des stratégies favorisant un apprentissage scolaire qui motive l'élève. Cette pédagogie part d'un projet se rapportant à un thème, choisi par les enfants ou l'enseignant. Ce thème aboutira à deux activités : les exposés et le théâtre. L'apprentissage de la lecture se fait par la méthode "Lire avec nous".    (retour à ... nous pratiquons plusieurs pédagogies.....) 

* Integras, association professionnelle pour l'éducation et la pédagogie spécialisées fondée il y a plus de 80 ans, compte actuellement plus de 210 membres dont 70 en Suisse romande: institutions ou associations, écoles spéciales (internats et externats) et centres de formation.

Monique Bassin                                                                                 Lausanne, le 13 octobre 2003


--------------------------------------------------------------------------------

[1] GARDNER Howard, Les intelligences multiples, Editions Retz, Paris, 1996.

post? par : le :

Informations Institutions Sociales site web :

Partager l'article : Réflexion et institution

Partager : f