Initiation à la philosophie Université de Genève

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Initiation à la philosophie Université de Genève

Initiation à la philosophie Université de Genève

Découvrir la philosophie

I. Résumé

Alors que les revues, émissions et autres cafés philosophiques se multiplient, témoignant d’un réel regain d’intérêt pour cette discipline, les philosophes professionnels contemporains ont dans leur grande majorité le sentiment que cette philosophie médiatique ressemble bien peu à celle qu’ils pratiquent.
De fait, la recherche contemporaine en philosophie est tout à fait méconnue du grand public, malgré son dynamisme et ses nombreuses publications. Cela est d’autant plus regrettable qu’elle traite bon nombre de questions de sociétés centrales : génie génétique, justice sociale, intégration des étrangers, découvertes de la physique fondamentale, bioéthique, place de la médecine, intelligence artificielle, conséquences complexes du développement technologique, rôle des Etats, etc. En raison de l’absence quasi-totale de vulgarisation de qualité de ces travaux récents, le public intéressé par la philosophie n’a que très peu de chance de rencontrer et de comprendre les innovations proposées par les philosophes professionnels actuels. Par suite, la demande philosophique du grand public s’oriente, faute de mieux, vers des conférences et des ouvrages de qualité contestable.
Ce cycle de manifestations vise à combler pour partie cette lacune en offrant au public l’opportunité de découvrir la philosophie telle qu’elle se pratique aujourd’hui lors des débats animés par des spécialistes. Ces manifestations ne seront pas de simples conférences, mais des débats interactifs, animés par de courtes interventions et destinés à donner aux participants une expérience personnelle du raisonnement philosophique.  
Pour ce faire, les intervenants articuleront leurs présentations autour d’expériences de pensées. Ces expériences consistent à imaginer des situations possibles, plus ou moins éloignées de notre situation réelle, et à se demander ce que nous serions prêt à faire, à dire, ou à considérer comme vrai dans de tels cas. Les expériences de pensées sont un des outils récurrents de la philosophie classique mais aussi contemporaine. Elles présentent l’intérêt d’être à la fois philosophiquement pertinentes et pédagogiquement efficaces. Chaque manifestation sera organisée autour d’une ou plusieurs expériences de pensée, qui permettent de saisir intuitivement un problème et de le discuter.

 

II. Organisation


Le cycle de manifestations est organisé par deux collaborateurs du Département de Philosophie, Philipp Keller (coll.scientifique, qui coordonne eidos, le Centre de Métaphysique du Département) et Olivier Massin (assistant, qui coordonne thumos, le groupe de recherche en Sciences Affectives). Ils s’occupent en particulier:
- de l’organisation des manifestations ;
- de leur programme ;
- de la publicité ;
- de la coordination des intervenants supplémentaires.

A chaque manifestation, des intervenants supplémentaires seront présents, permettant ainsi un travail en groupe.

Les manifestations ont lieu au Département de Philosophie, 2, rue de Candolle, 2ème étage, à la salle L208 (au bout du couloir) les samedis après-midi entre 3.00 et 6 heures. Elles seront suivies d'un apéritif. 

 

III. Objectifs


Ce projet poursuit les objectifs suivants:
 

  • introduire les participants aux débats philosophiques récents;
  • initier les participants à la pratique de la philosophie (au travers de discussions et de débats) dans ce qu’elle a de plus exigeant mais également de plus plaisant;
  • souligner l’intérêt que peut revêtir une approche philosophique des problèmes dans de multiples domaines;
  • présenter et valoriser la recherche contemporaine menée en philosophie, notamment au sein du Département de Philosophie de l’Université de Genève;
  • produire une vulgarisation de qualité des recherches philosophiques.


 

IV. Programme


Le cycle de manifestations proposé consiste en 7 samedis après-midis, de 15h à 18h au Département de Philosophie de l’Université de Genève. Les manifestations seront suivies d’un apéritif convivial qui permettra de s’entretenir de manière informelle et d’ainsi approfondir la discussion.

 

1) 21 février 2009:  La passion pour la vérité (portes ouvertes au collégiens)

15-18h, Département de Philosophie, 2 rue de Candolle (4ème étage)


Le Département de Philosophie de l’Université de Genève organise une après-midi portes ouvertes le samedi 21 février 2009. Les enseignants du Département présenteront brièvement le département, ses collaborateurs, les enseignements et les différentes recherches qu’ils mènent. Des étudiants viendront également présenter leur point de vue sur les études de philosophie.
A l’issue de cette brève présentation, les enseignants feront de courtes interventions présentant un exemple de leurs recherches qui les passionne particulièrement et qu’ils pensent être susceptible d’intéresser les philosophes non-professionnels. Chaque thématique de recherche sera présentée sous la forme d’un débat entre différentes options, et les participants présents seront incités à endosser une de ces options et à proposer des arguments en sa faveur. Les enseignants se chargeront d’encadrer ce débat, en prenant soin de défendre, le cas échéant, les options opposées à celles choisies par les élèves afin de les encourager à approfondir leur argumentation.

Intervenants supplémentaires: les enseignants du Département de Philosophie


 

2) 14 mars 2009:  « La machine à expérience », la philosophie et le plaisir

15-18h, Département de Philosophie, 2 rue de Candolle (4ème étage)


L’expérience de pensée : La machine à expérience (R. Nozick, 1974). Supposez qu’il existe une «  machine à expérience  », qui nous procure sans risque toutes les expériences plaisantes possibles : l’impression de voir un bon film, d’avoir de bons amis, d’être aimé par ses proches, d’être un grand écrivain, d’accomplir de bonne actions, etc. Serions-nous prêt à passer notre vie dans cette machine ? Nozick suggère que non. D’après lui, nous voulons aussi voir vraiment de bon films, avoir vraiment de bon amis, être vraiment aimé par nos proches être ; vraiment de grands écrivains, ou accomplir vraiment de bonnes actions.
Depuis Platon, les philosophes se demandent si le plaisir est la seule chose que nous devons rechercher, la seule chose qui possède véritablement une valeur. L’hédonisme est la théorie philosophique qui répond positivement à cette question. Ses opposants font valoir que le seul fait que nous puissions hésiter à entrer dans la machine à expérience montre que nous attachons de l’importance à d’autres choses que le plaisir. Lors de cette manifestation, le public sera d’abord divisé en deux ateliers distincts, l’une portant sur la définition du plaisir, l’autre sur sa valeur. Chaque atelier sera encadré par au moins un philosophe du Pôle de Recherches en Sciences Affectives et par un des organisateurs principaux. Les deux ateliers confronteront alors leurs résultats dans le but d’exhiber les liens entre les diverses théories sur la nature du plaisir et les diverses théories de sa valeur.

Intervenants supplémentaires: Fabrice Teroni et Julien Deonna, MERs au Pôle de Recherches sur les Sciences Affectives


 

3) 28 mars 2009: « Achille et la tortue »,  la philosophie par les paradoxes

15-18h, Département de Philosophie, 2 rue de Candolle (4ème étage)


L’expérience de pensée : Achille et la tortue (Zénon d’Elée) : Achille fait une course avec une tortue à laquelle il accorde cent mètres d’avance. D’après Zénon, Achille, bien qu’il coure plus vite, ne pourra jamais rattraper la tortue (c’est à dire arriver à une distance nulle d’elle). En effet, une fois qu’il aura comblé la moitié de son retard (50m) il lui restera encore la moitié de ce retard à combler. Mais une fois qu’il aura comblé la moitié de ces 50 mètres restante, il lui restera encore 25 mètres à rattraper. Puis il ne lui restera plus que 12m50, puis 6m25, et ainsi de suite, à rattraper. Bien qu’il ne cesse de se rapprocher de la tortue, il ne pourra jamais rattraper son retard car il lui restera toujours une distance de plus en plus petite, mais toujours non nulle à combler.
De Zénon d’Elée qui prouvait ainsi que le mouvement était impossible, à nos jours, beaucoup de la recherche en philosophie a été motivée par des paradoxes. Les paradoxes montrent des tensions dans nos opinions quotidiennes, des incohérences dans nos concepts et des fautes parfois subtiles dans nos raisonnements. Le but de la philosophie n’est pas seulement de trouver et localiser de tels paradoxes, mais de les résoudre, de développer des théories meilleures et des concepts plus sophistiqués. Lors de cette manifestation, le public sera averti de quelques-uns des paradoxes les plus importants pour la philosophie d’aujourd’hui, et pourra tenter de les résoudre, d’abord en groupes de travail animés par des philosophes, puis lors d’un débat ouvert. Le but de cet après-midi sera d’inviter les participants à se lancer dans la réflexion philosophique de découvrir par eux-mêmes le plaisir du raisonnement théorique.

Intervenants supplémentaires: Pascal Engel, professeur ordinaire au Département de Philosophie, Julien Dutant, assistant au Département de Philosophie

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