Hypnose et gestion du stress

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Hypnose et gestion du stress

Hypnose et gestion du stress

 
 
Les enfants : ces maîtres de la transe…
 
Etre dans la lune
Est-ce vraiment un défaut ?
 
La transe dans le monde de l’éducation
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Travail écrit de clôture
Cours d'hypnose clinique de base
Cycle 1 – 2003
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pierre-Alain Luthi
Montchoisi 3
1350 Orbe
 
024 441 05 10
luthip@bluewin.ch
www.educh.ch
 
Educateur spécialisé
Formation ESTSF – 1995
Employeur: Home la Bérallaz – 1053 Cugy
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
A  Pascale,
Qui par sa présence, sa sagesse, son amour favorise mon épanouissement et me donne le goût de vivre et d’aimer
 
A  Caroline,
Qui explore avec tant d’étonnement et de craintes le monde imaginaire que j’en suis chaque fois à nouveau bouleversé
 
A Luc,
 Calino,
Louis,
Michèle,
Cécile,
Luke,
Johann,
Michel,
Victor,
Fred,
Princesse Jakayana,
et autre Fripouillon
Moins imaginés que Mary Poppin mais qui pourtant m’ont fait sauter à pieds joints dans les tableaux
 
 
 
 
 
 
De mes racines à la transe
Alors que la lune s’éloignait de l’horizon, le regard de l’enfant semblait se perdre dans l’infini et s’enfuir de la réalité, pourtant son attention au lointain le ramenait toujours plus clairement vers ce présent difficile.
 
Né d'une famille terrienne, j'ai exercé ma profession d'horticulteur pendant une dizaine d'années oeuvrant à l’entretien de parcs un peu partout dans le monde tout en étudiant la théologie. Je suis devenu éducateur spécialisé à la fin des années huitante et exerce ce métier passionnant depuis quinze ans dont dix auprès des enfants en difficulté sociale. J'anime aussi un site Internet www.educh.ch consacré à l'éducation.
 
Fréquenter les enfants jour après jour dans les moments simples de la vie quotidienne m’a permis de mieux comprendre l’être humain et de m’enrichir au contact de ces petits hommes en devenir.
 
C'est grâce à la conjonction entre ma passion pour la lecture et la collaboration avec une psychothérapeute jungienne que j'ai pu  découvrir toute l'importance des mondes de l’inconscient, de l’intuition et de l’imaginaire.
 
Et parce que j'ai eu la chance de pratiquer mes premières années d'éducation dans un centre antroposophique, j'ai pu approcher concrètement l'impact de la créativité et du processus artistique dans le développement de la personnalité.
 
C'est donc sur un terreau fertile, que ma découverte de la transe, il y a deux ans a été semée.
 
Je pratique aussi depuis longtemps et de façon régulière les techniques de la PNL (Programmation neurolinguistique)  et de l’analyse transactionelle.
 
Il y a donc environ deux ans, j’ai découvert le monde de la transe hypnotique au travers de l’excellent ouvrage de Victor Simon[1]. Ouvrage complet et de lecture facile qui m’a permis de me familiariser avec un domaine apparemment nouveau pour moi. Victor Simon fait référence en fin d'ouvrage à la fondation Ling à Lausanne. J'ai donc pris contact et suivi un premier cours d’autohypnose avec Anne Spagnoli, femme passionnée qui a enflammé mon enthousiasme. Puis parallèlement au cours, j'ai approfondi cet intérêt et mes connaissances par de nombreuses lectures, entre autres, la lecture de "soigner par l’hypnose" de Gérard Salem [2],  et Eric Bonvin [3], m'a permis de découvrir la passion qui anime ces deux psychiatres et l’intérêt des transes hypnotiques dans le domaine médical. Celle de "Transe-formation" de John Grinder et Richard Bandler" [4], me fit prendre conscience du lien évident entre la PNL et la base de l’intervention de Milton Erickson. En effet la PNL prend sa source dans son travail. Il est le fondateur du mouvement de la nouvelle hypnose.
 
J'ai découvert que la transe hypnotique est un outil clairement défini dans ses usages et sa pratique en ce qui concerne la psychiatrie, la médecine, la thérapie, mais je restais sur ma faim pour ce qui est du travail avec les enfants. C’est alors que j'ai découvert, avec beaucoup de plaisir, l’ouvrage de Joyce C. Mills et Richard J. Crowley  "Métaphore thérapeutique pour les enfants"[5]. Le très grand intérêt de cet ouvrage, qui s’adresse aux thérapeutes pour enfants, me fait enfin entrevoir de nouveaux outils pour l’éducateur et son travail quotidien.
 
Par la fondation Ling encore, j'ai pu suivre les cours de Shiatsu de Marlyse Schweitzer, j'ai pu ainsi améliorer mes techniques de massage et de contact corporel avec les enfants. A mon grand étonnement j'ai constaté que les techniques Shiatsu sont des inducteurs de transe très puissants.
 
Avec tous ces échanges, j'ai mieux cerné l’importance de la transe dans le domaine de l’éducation auprès des enfants et pu l'expérimenter dans le cadre de ma pratique professionnelle.
 
Le but de ces pages, est de vous faire partager mes découvertes. J'ai eu du plaisir à entrevoir la diversité des outils et à comprendre que chacun pratique l'hypnose sans le savoir.
 
Je désire préciser que la supervision a été plus que jamais essentielle afin de toujours remettre en question ma démarche. Le travail avec la transe est fascinant et on aurait vite fait de se perdre.
 
Ma présentation prendra donc en compte divers outils, issus de l’hypnose clinique ou dérivé de la PNL ou du Shiatsu. Ces trois techniques permettant d’obtenir des résultats du même ordre.
 
La reconnaissance des ressources de l’enfant est au centre de toute démarche. En se fondant sur ces ressources et en maîtrisant la technique on tire le meilleur parti de la transe.
 
 
La transe
Alors que la lune s’éloignait toujours plus, l’enfant semblait enraciner son être dans l’ici et maintenant Toujours plus conscient et pourtant légèrement différent, son regard fixé sur cet horizon, son corps semblait plus réceptif à ce qui l’entourait. J'’étais surpris, confus même et pourtant enthousiaste la porte de l’imaginaire s'ouvre devant moi….. Mary Poppins existait t’elle vraiment? Pouvait-on donc vraiment entrer dans les tableaux en y sautant à pieds joints.
 
La transe est un phénomène naturel. L’hypnose et les techniques hypnotiques n’ont pour but que de favoriser et d’utiliser ce phénomène naturel. On parlera d’ailleurs pour la pratique hypnotique d’amplification et non de provocation. C'est un comportement que l’homme partage avec les animaux. Elle lui permet un état de vigilance particulière.
 
Quand on roule sur l’autoroute il arrive que l’on s’oublie, focalisé sur un souci ou une réflexion. Comme si on se mettait en "pilote automatique". Après un instant plus ou moins long on reprend conscience avec l'impression d'avoir été absent et on réalise que l’on a conduit de façon automatique. Ce phénomène est une transe légère telle qu'elle est définie dans l’hypnose ericksonienne.
 
Ce phénomène représente une ressource que l’enfant utilise tout le temps, ce qui nous fait dire qu'il est rêveur, dans la lune… Pour les enfants en grande détresse sociale comme ceux que je côtoie tous les jours, nous disons qu'il est enfermé dans sa bulle, qu'il s’isole dans son monde. Pour nous qui travaillons avec ces enfants nous remarquons donc des phénomènes de transe plus profondes, allant d’ailleurs jusqu'à craindre parfois des traits autistiques. L'important pour moi a été de réaliser que ces types de comportements ne sont pas inquiétants. Ils relèvent bien au contraire d’une ressource que l'enfant a développée afin de se mettre en sécurité face aux traumatismes subis avant le placement en institution.
 
Luc est un enfant de 8ans, placé en institution à l’âge de 6 ans. Il est rêveur, distrait, toujours absorbé par ses réflexions. Un soir au repas, il gesticule exagérément des bras en tous sens et il ne semble pas écouter nos remarques. Je le questionne sur son comportement. Il ne répond pas. Comme j'insiste il finit par sursauter et me répondre qu’il est dans une piscine.
 
Les observations faites de Luc les semaines suivantes, me montre qu'il s’enfuit régulièrement dans son monde imaginaire dès qu'il ne se sent pas bien. Il a vécu tellement des moments de crises et de cris à la maison qu’il a appris à utiliser la transe pour s’enfuir dans son monde imaginaire et pour se protéger. Aujourd’hui ce comportement n’est plus adéquat, mais dès qu’il se sent stressé hop il saute du côté de l'imaginaire et s’adonne à son plaisir favori: la transe.
 
Dès que Cédric ressent une frustration, même légère, il se lance dans des jeux de combats entre deux animaux. Il n'entend plus qu'on lui parle ou qu'on désire communiquer avec lui. Il s’y trouve bien et semble s’enfermer dans son monde.
 
Erickson a beaucoup éclairé le domaine de l’accompagnement thérapeutique en déclarant que le symptôme est une ressource très puissante du psychisme humain, certes parfois inadéquate mais une ressource. L'état de transe permet des changements internes, de nouveaux choix, une prise de recul pour réévaluer des situations vécues. Cela évite de diaboliser ces comportements en les étiquetant de traits autistiques, de comportements prépsychotiques, etc… Il a ainsi démystifié l'état de transe.
 
La transe est un état d'attention particulière de focalisation sur une expérience virtuelle de soi (E. Bonvin), une rencontre de soi avec soi (G. Salem) ou simplement un état de conscience modifié selon le mouvement général de l'hypnose moderne.
 
Lors de l'évocation d'un événement pendant une transe, les zones actives du cerveau sont les zones perceptuelles telles que les zones visuelles, auditives et motrices, les mêmes zones que lors d'expériences de vie réelles. Par contre, lors de l'évocation d'un souvenir en situation ordinaire c'est principalement la zone du langage qui est active. On peut donc supposer que le cerveau de la personne en transe revit l’expérience de façon réelle et présente, ce qui semble confirmer les impressions ou les convictions des maîtres de l’hypnose.
 
E. Rossi, qui a travaillé longtemps avec Erickson parle d’état de veille paradoxale en opposition au sommeil paradoxal. Toutes les 90 minutes l’être humain entre en transe spontanée. Pendant ces transes spontanées les courbes des ondes cérébrales prennent la fréquence particulière de la transe, le tracé de ces courbes étant semblable au tracé des transes hypnotiques.
 
La résonance magnétique démontre que la personne demeure en état de veille durant les séances d’hypnose comme dans les transes spontanées, c'est la dissociation. Comme si une partie de nous observait une autre partie de nous vivre une expérience, comme dissocié de nous-mêmes. Les phénomènes de transe profonde obtenu par les outils de l’hypnose peuvent faire apparaître des comportement de type cataleptique, mouvements incontrôlés du corps, somnambulisme. On pourrait alors parler de rêve éveillé. Il peut y avoir une amnésie des instants passés en transe.
 
La transe est un phénomène répandu, plus ou moins profond, qui permet à l’imaginaire d’être plus volubile. On peut observer des états de transe chez les danseurs de rave ou les jerwisch tourneurs, les yogis ou encore chez les sophrologues. On peut parler de transe collective dans ce qu’obtient un dictateur comme Hitler qui manipule une foule etc…
 
Il est étonnant d'observer malgré tout des personnes qui ne vivent spontanément pas ou peu de transe. Parmi celles-ci on trouve les enfants hyperactifs, les enfants qui ne peuvent plus se détendre, les personnes qui craignent de se laisser aller. Ces personnes ont vécu un traumatisme ou ont des difficultés psychiques majeures. Elles ne peuvent se déplacer vers la transe et demeurent continuellement en hyper vigilance. Des expériences ont mis évidence que la concentration est renforcée après l’état de transe, comme si notre cerveau avait besoin de décrocher pour raccrocher son attention à nouveau à la réalité environnante.
Le processus peut se faire de façon tout a fait anodine, sans qu’il ne soit jamais parlé de transe ou de processus hypnotique.
L'art de l'hypnose est d'obtenir et d'utiliser ce phénomène de façon volontaire. Le but du travail hypnotique est simplement d’amplifier et d’utiliser ce qui existe déjà très naturellement.
 
Les présupposés de l'hypnose ériksonienne
1- Nous avons en nous toutes les ressources dont nous avons besoin pour réaliser nos buts dans l'existence : principe fondamental en PNL comme en Hypnose ericksonienne, conscientes ou inconscientes, ces ressources sont là à notre disposition. Et bien sûr la ressource commune à tous les êtres humains : la capacité à apprendre et à faire de nouveaux apprentissages.
2- Chaque personne est individuelle et unique : c'est pourquoi il n'y aura jamais de " recette " universelle en thérapie ericksonienne mais une approche individuelle adaptée à la personne, ce qui présuppose une grande flexibilité.
3- Nous possédons un inconscient autonome et intelligent. C'est un immense réservoir de sagesse et de connaissance dont les intentions sont positives : c'est avec cet inconscient que nous travaillons et que nous appelons le "guide intérieur", "le grand sage" ou "l'esprit profond".
4- La résistance est une information que quelque chose n'a pas été pris en compte dans le fonctionnement inconscient de la personne : tous les obstacles seront des indications précieuses pour le thérapeute afin d'accompagner la personne confortablement: pas de lutte mais une analyse inconsciente et consciente du sens des résistances.
5- Nous opérons les meilleurs choix possibles pour nous à un moment donné : inutile de se culpabiliser de ce que nous avons fait ou pas fait dans le passé, nous réagissons en fonction de notre niveau d'évolution et de compréhension. Notre inconscient fait le meilleur choix en fonction de toutes les données conscientes et inconscientes.
6- Il y a une fonction positive à chaque comportement : peut être pas toujours évidente du premier coup d'œil mais elle existe. L'enfant insupportable ou violent en classe veut peut être montrer qu'il est là et qu'il a besoin que l'on s'occupe de lui, même si ce comportement n'est pas acceptable. De même la migraine qui nous tient au lit est peut être le seul moyen que notre inconscient à trouvé pour nous amener à faire une pause!
7- L'état de transe est un état naturel qui se produit environ toutes les 90 minutes : cela fait partie de notre équilibre.
8- La transe thérapeutique est une expérience pendant laquelle les cadres de référence ou les habitudes limitantes sont contournées : pendant la transe hypnotique, on observe une désorientation, une distorsion du temps et de l'espace qui vont permettre de faire des apprentissages nouveaux et plus utiles.
9- Notre cerveau ne fait pas la différence entre une expérience mentale imaginaire et une expérience réelle : c'est cette " déficience " de notre cerveau qui va permettre toutes les réparations intérieures et qui fait que " tout est possible ".
10- L'hypnose est un processus d'amplification : En effet l'inconscient a une puissance et une rapidité de travail extraordinaire, très supérieure au conscient. Nous avons donc une amplification des processus d'apprentissage.
 
 
 
Le monde imaginaire
Oui… Mary Poppins existait et la porte des tableaux s’appelait l’imagination, oui le rêve de l’enfant allait pouvoir se réaliser et l’humanité s’en trouverait transformée. La lune s’approchait alors à grands pas ouvrant tout ses bras de fée de la nuit. L’enfant enfin pouvait s’envoler, accompagner par l’adulte qui avait appris à voler.
 
L’imagination est plus importante que le savoir, Albert Einstein
 
Pour Eric Bonvin, le terme imagination est plus adéquat que celui d'inconscient.
 
Les vertus curatives de l’imagination furent déjà implicitement mises en évidence au XVIIIe siècle par la première commission scientifique de notre histoire moderne. Mandatée par le roi de France Louis XVI, celle-ci avait pour mission de statuer sur la réalité du magnétisme animal dont faisait état Franz Anton Mesmer pour expliquer les phénomènes de guérison qui se produisaient au contact du fameux baquet qu’il avait mis au point. Après plus de deux années de travail, la commission conclut que les guérisons observées ne pouvaient être attribuées qu’à l’imagination et non à cet hypothétique magnétisme animal dont faisait état Mesmer. Pourtant, à la suite de cette conclusion, seul l’hypnotisme, avant son déclin, retint cette potentialité de l’imagination et en fit le levier de son application. A sa suite, dès le début du XXe siècle, la psychologie et les grands modèles du soin de l’âme et de l’esprit ont réservé un accueil le plus souvent dubitatif, si ce n’est franchement dépréciatif, aux possibilités thérapeutiques de l’imagination.[6].
 
Une des propositions de la thérapie par la transe hypnotique est de mettre la personne en contact avec son imagination de façon plus libre et plus complète. Durant le processus de la transe, l’individu centré sur sa propre expérience, la réévalue, la recadre et découvre des possibilités de changement.
 
Mme Renée Delafontaine[7] décrit tout au long de son ouvrage le cheminement intérieur de l’intelligence chez l’enfant handicapé profond. Elle souligne le processus de maturation par assimilation et accommodation comme l’a décrit Piaget. En effet le processus de représentation interne permet l’émergence de symboles, d’objets, de représentations stables dans la mémoire de l’enfant qui lui permettent d'appréhender le monde de façon plus stable. Elle le démontre, dans l'exemple du bonhomme têtard.
 
Petite Cla, enfant gravement touchée et autistique, commençait à faire naître dans ses gribouillages, des traits isolés, puis des formes circulaires, qui, en se répétant, se relièrent par hasard d’abord, puis avec une certaine intention – Et ainsi, firent éclore un début de  « de bonhomme têtard »
 
 
 
 
 
 
 
 
…Un miracle de la vie !.... Sur lequel il ne faut cesser de veiller.
 
Hélas, Cla a été placée dans une école… efficace comme point de départ et a priori de progrès spectaculaire.
 
On est venu en effet, me montrer ses progrès !... un magnifique cahier rempli de dessins faits sous direction, fleurs, maisons, et, entre autres, un personnage évolué avec des vêtements, parties du corps, membres en trait double, …et le cou ! Tout cela qu’on lui dictait probablement, élément par élément !
 
J’admire pour ne pas décevoir sa pauvre maman si fière de l’évolution de sa fille
 
Et je demande à la petite Cla de me dessiner une personne, et la regarde faire :
 
…Cla ajoute indéfiniment des formes circulaires – base ou elle en était restée intérieurement – les unes en dessous des autres … et ce n’est que le bas de la page qui l’arrêta !
 
Elle aurait disposé d’un rouleau de papier…. C’est des kilomètres d’embryons morts dont elle aurait avorté !
 
… En croyant bien faire, on lui avait dicté non la vie mais une stéréotypie !
 
 
 
Cette description de Renée Delafontaine met en évidence l’importance du processus d’assimilation et d’accommodation. Cette puissance de l’imagination est au centre de la pratique hypnotique.
L’enfant a besoin d’être accompagné dans son processus de maturation. Il lui permet de répondre aux attentes de la vie. Sa vie intérieure est sacrée, sa perception du monde aussi. Il nous faut, en tant qu’éducateur, savoir être à l’écoute de cette musique intérieure, afin d’accompagner son processus créatif. L’enfant a en lui les ressources pour répondre aux demandes de la vie. Pourtant ne tombons pas dans l’angélisme de Rousseau et souvenons-nous que parfois l'imaginaire peut être un adversaire, par exemple chez les personnes souffrant de dépression chronique.
 
Chacun peut découvrir en lui-même des ressources souvent insoupçonnées qui ne peuvent se manifester que par l’accueil attentif de l’accompagnant. Le respect dont Mme Delafontaine fait preuve face aux personnes en difficulté est exemplaire et elle favorise l’émergence du processus interne de l’individu dans un cadre sécurisant.
 
Dans le processus de transe, nous sommes invités à tenir une position basse et à laisser la personne "tricoter" elle-même son avenir.
 
L'enfant construit le contenu de la transe et l'accompagnant veille au cadre et au processus… C’est là d’ailleurs, que se manifeste l’art de l’intervenant, dans la délicatesse et le tact à orienter sans contraindre, à permettre sans lâcher.
Les étapes
Beaucoup d’ouvrages et de spécialistes se sont penchés sur la description des techniques inductrices de transe. Je n'en ferai pas ici le détail, mais vous invite à lire l’excellent ouvrage de G. Salem, et E. Bonvin. 3
 
Je vais décrire rapidement dans ce chapitre les étapes de l’accompagnement à une transe hypnotique .
 
Pendant la transe la personne est libre de vivre son expérience imaginaire toutefois l'intervenant doit être vigilant et veiller à ce que la personne ne se laisse pas déborder par un imaginaire trop florissant. Il doit maintenir son leadership quant au processus (schémas ci-dessous),  en connaître les étapes, et se souvenir des objectifs fixés au préalable
 
Il est essentiel d'être conscient du temps qui passe et de la volonté de progrès du sujet durant toute l’expérience.
 
Les objectifs doivent être définis par un échange préalable qui permet de donner le cadre et surtout le sens à l’intervention. C’est la personne qui doit en premier lieu être au clair sur les objectifs qu’elle poursuit, pourtant dans le cadre de l’intervention auprès des enfants, les objectifs sont parfois tacites, basés sur des échanges en amont que l’enfant ne relie pas toujours à l’intervention en tant que telle.
 
 
L’ajustement est le positionnement physique de l'intervenant par rapport au sujet. Il sera postural, verbal et para verbal. Il s’agit de se mettre en miroir avec la personne en s’accordant dans la position assise ou debout, dans le vocabulaire, le rythme, le ton de la voix etc… il est important que l’ajustement se fasse naturellement et quasiment de façon inconsciente. L'observateur peut repérer cet ajustement spontané entre l’enfant et l’intervenant.
 
Cet aspect est vraiment essentiel surtout qu’il donne un excellent départ à toute intervention que ce soit un début de transe ou simplement un suivi éducatif telle qu’une discussion ou un échange avec l’enfant.
 
L'induction est le stimulus qui va permettre au sujet de focaliser l'attention sur une cible, la condition sine qua non pour entrer dans une transe.
 
Elle doit lui permettre d'entrer dans un état hypnotique. La durée de l'induction est très variable, de quelques secondes à plusieurs minutes, voire même, plusieurs heures. Les techniques d'induction utilisées par les hypnotiseurs sont variables selon les époques et les différents courants de pensée. Ils existent des techniques rigides et standardisées ou au contraire des techniques plus souples qui s'adaptent au sujet qu'il s'agit d'hypnotiser. La fixation prolongée d'un point lumineux est une technique célèbre qui se répand pendant la deuxième moitié du XIXème siècle.
 
Une des conditions essentielles est le sentiment de sécurité. Le fait que la personne sente qu’elle peut se laisser aller à une expérience nouvelle sous le regard d’une personne sur laquelle elle peut compter est primordial.
 
L’attitude de l’intervenant n’est pas empathique mais attentive, pour créer une enveloppe protectrice autour de la personne.
 
La focalisation est la concentration de la conscience sur un élément de la réalité: la cible. On parle de focalisation quand l'attention du sujet est saisie.
 
Dès que  l'intervenant repère un amorçage de fixation de l’attention, il encourage et stimule la concentration sur la cible. Normalement l'accompagnant choisit la cible mais elle peut être le choix du client lui-même, l’intervenant ne faisant qu'amplifier cette cible.
 
Il peut accompagner dans des réflexions même pénibles, comme des parents en difficulté, focaliser sur un membre douloureux ou stimuler l'identification à un héro de bande dessinée.
 
La focalisation induit une réduction du champ de conscience sur un espace limité de la réalité, de la perception, ou de l'imagination. Focaliser c'est se concentrer.
 
Les enfants arrivent à table surexcités...Je peux me fâcher, avec le risque que l'excitation augmente ou leur demander de rester tranquille sans que cela ait le moindre effet. J'essaie alors de les focaliser.
•       je leur propose une histoire, je leur raconte un récit captivant.
•      je leur demande de se concentrer sur le goût du produit.
•      je teste leur pouls pour voir à quel rythme il bat.
•       je leur parle de leurs sensations kinesthésiques, texture de la nourriture dans la bouche, sensation de déglutition etc.
 
Il faut rendre l'enfant attentif à autre chose, lui permettre de se concentrer sur un aspect, qui peut être anodin, mais qui va directement induire un certain calme.
 
Bon si ça ne marche pas, on crie un bon coup...... ou on sanctionne...... [8]
 
La focalisation est facilitée si l'on utilise le canal d'accès privilégié de l'enfant. Elle peut également être initiée par des stimuli externes tels que pendule, toupie, pièce de monaie qui tourne etc.
La dissociation est un phénomène particulier qui apparaît durant la transe, Elle en est d’ailleurs le signe le plus clair. On pourrait voir cela comme une prise de distance de son expérience présente. Une partie de l'individu, inconsciente, conduit l'expérience et une autre part, très consciente devient l'observateur de cette évolution et de cette expérience. C’est un état particulier où la personne fait alors l’expérience de ses ressources inconscientes, de son imaginaire, de sa capacité à vivre une expérience hors cadre.
Pour la personne, le sentiment de sécurité, la présence d’une personne en qui elle a confiance est essentielle. L'intervenant ne cherchera pas forcément à tout comprendre mais bien à maintenir la focalisation d’attention de l’enfant sur son expérience.
On peut favoriser la dissociation par une rhétorique corps sujet, tel que:
•  Ton imagination sait très bien comment réagir a telle situation…
•  Tes yeux savent très bien si il faut rester ouverts pour être vigilant et te protéger ou s'ils peuvent se fermer pour t’emmener au pays des rêves.
•  Tes yeux en pleurant  savent bien exprimer les sentiments que tu as dans ton cœur.
•  Ton cœur garde le souvenir des personnes que tu aimes et il peut, s'il le veux te faire à nouveau les rencontrer dans un rêve ou une autre situation.
L’essentiel est de prendre conscience qu’en transe la personne doit être laissée dans un espace de liberté, de créativité et que l’intervenant encourage par un vocabulaire ouvert, vague, etc. et par une présence sécurisante. En effet la dissociation pourrait angoisser et le fait de sentir une présence sécurisante est très important.
Ce que la personne expérimente c'est, que le changement dans le cadre virtuel de la transe est aussi important qu’une expérience réelle. On sait aujourd’hui que le cerveau utilise les mêmes circuits pour vivre une expérience réelle ou pour la simuler en transe. Cela permet donc de développer de réelles ressources, sentiments de confiance et de sécurité par exemple, qu’il pourra employer par la suite dans des expériences concrètes. Les sentiments de confiance en soi et de sécurité ainsi développées seront directement disponibles et utilisables dans la vie de tous les jours.
 
L'attention de l'intervenant doit être focalisée sur l'attention que la personne porte à sa propre expérience.
 
La métaphorisation est l'étape où l'imaginaire du sujet prend le relais de l'induction, c’est à dire que l’imagination se saisit d’une expérience pour la transformer, la remodeler pour que l'enfant puisse faire virtuellement l'expérience de ses ressources et de ses solutions.
 
C’est un pouvoir très puissant de notre cerveau que de relier une expérience, à une autre expérience comme si tout était réel. Comme si l’imaginaire se substituait au réel.
 
J’induis  une transe à un ami souffrant depuis plusieurs années de douleurs récurrentes à un genou. Son attention est focalisée sur la douleur. Il commence alors à visualiser sa douleur comme une peinture. Il me décrit cette peinture avec beaucoup de précision. Peinture qu'il réalisera par la suite, à la gouache.
 
La métaphorisation ouvre la porte du changement. On pourra induire des variations d'impression ou tenter des changements durant l’expérience.
 
Pour cela l'intervenant utilisera un discours plus vague et de plus en plus large, des métaphores moins précises laissant la place à l'imaginaire afin de laisser le sujet vivre l'expérience dont il a besoin pour aller mieux, pour une expérience intime personnel dont l'accompagnant se mêle le moins possible. Des termes tels que "expérience", "rythme", "sensation" etc. seront alors adéquats. Le but est d'entretenir l’attention sur l' expérience virtuelle.
 
Les échanges révéleront la part de spontanéité de cette métaphorisation qui transforme la réalité en images, idées, symboles. C’est l’espace transitionnel de Winnicott, l’espace de jeux qui est essentiel à ce moment.
 
"L'espace potentiel entre le bébé et la mère, entre l'enfant et la famille, entre l'individu et la société ou le monde dépend de l'expérience qui conduit à la confiance. On peut le considérer comme sacré pour l'individu dans la mesure ou celui-ci fait, dans cet espace même, l'expérience de la vie créatrice." 9
 
La métaphorisation est l’outil employé par les enfants pour comprendre le monde, le processus d’assimilation de Piaget qui permet à l’enfant de construire le symbole.
 
Notre cerveau ne fait pas la différence entre une expérience mentale imaginaire et une expérience réelle: c'est cette " déficience " de notre cerveau qui va permettre toutes les réparations intérieures et qui fait que " tout est possible
 
Voilà le "secret": le vécu dissocié a valeur d’expérience pour la personne, au même titre qu’une expérience réelle.
 
Le recadrage c’est replacer l’expérience de l'enfant dans un nouveau contexte. C'est une technique simple et efficace que l'on utilise régulièrement sans en être forcément conscient. En transe, il permet au cerveau de réévaluer complètement une situation.
 
Donner du sens à la souffrance ou à une expérience pénible permet d'accepter une situation désagréable avec plus de facilité.
 
Michel, 8 ans a très peur des loups garous qui rôdent dans la forêt autour de l'institution. (A savoir que cet enfant regardait à la maison Alien à l'âge de trois ans.) Au coucher je lui raconte souvent et sous forme d'épisode l'histoire de Fripouillon qui doit affronter et rencontrer des monstres affreux qui hurlent dans la nuit. Fripouillon fait la connaissance du Grand Loup Bleu qui devient son ami et son conseiller. L'ennemi loup redonne les compétences à Fripouillon de se défendre par lui-même et peut être vu comme bienveillant. Michel va complètement cesser d'être préoccupé par les loups garous, ne fait plus de remarques à ce sujet. La phobie a disparu et il va avec joie dans les bois faire des cabanes.
 
Cet outil n’est pas nouveau mais lors d'une transe induite par métaphore un recadrage est souvent positif car l’enfant est plus ouvert à un changement d’optique que dans le dialogue direct. Au lieu d’argumenter contre les convictions de l’enfant, le recadrage permet un autre point de vue et de permet à l’enfant de voir différemment.
 
On peut recadrer une émotion, par exemple: quand l'enfant dit j’ai peur… recadrage : oui ta peur t’est utile. C’est un sentiment qui montre que tu penses qu’il est important de te protéger.
 
Le cerveau reconnaissant ces expériences imaginaires comme réelles, nous avons la possibilité de regarder la réalité d'une manière différente et nouvelle. C'est le moment de la révélation des ressources ignorées: émergences de sentiments, découvertes de capacités de détente, d'endormissement etc. C'est une expérience plus solitaire mais constructive qui fera place à l'étape suivante où l'intervenant reprendra un vocabulaire plus précis et plus directif invitant la personne à conclure son expérience.
 
La conclusion va permettre à la personne d'avoir les moyens de retrouver les ressources découvertes durant l’expérience de la transe. Un enfant qui aura découvert comment se détendre durant une histoire apprendra à relier le sentiment de détente à un terme ou à un élément de l’histoire qu'il réutilisera plus tard pour trouver seul le sommeil. L'ancrage est une technique issue de la PNL. L'intervenant place quelques suggestions post hypnotiques telles que:
 
•   Quand ton corps en ressentira le besoin, tu pourras retrouver cet état de détente qui te convient si bien"
 
C'est un aspect très important du processus qui permettra l'utilisation des nouvelles ressources révélées par la transe même en l'absence de l'intervenant.
 
Les schémas suivant prennent en compte les étapes importantes suivantes: la focalisation, la dissociation, la métaphorisation, l'expérience heuristique du changement, l'ancrage, la suggestion hypnotique, le sortir de la transe.
 
Le processus
 
 
 
 
Evolution du discours de l'intervenant
 
 
 
Chez les enfants
L’adulte dût vite reconnaître que les enfants étaient des surdoués de l’envol, qu'ils arrivaient bien plus vite que lui à la lune qui les accueillait comme si elle les attendait. Quand enfin l’adulte les rejoignit sur le sol lunaire, il découvrit que les enfants en savaient bien plus qu'il ne l'avait soupçonné sur le vol qu’il croyait leur enseigner.
 
Si la transe est commune aux adultes et aux enfants, on ne peut que reconnaître que les enfants sont des surdoués de la transe hypnotique.
 
«Ne grondez plus vos enfants qui baillent aux corneilles à l’école en laissant leur regard et leur esprit s’évader vers le ciel. Ne vous y trompez pas  ils entendent sans écouter, voient sans regarder, ils sont là et ailleurs 1….
 
En réalité ces petits bambins sont en train de se recharger en énergie afin de se réinsérer, quelques minutes plus tard dans le présent et le quotidien. Les enfants vivent la transe de manière tout à fait naturelle pourtant on a observé que les enfants souffrant de trouble de l’attention, les hyperactifs arrivent difficilement à se trouver en transe. Ce qui les empêche de se concentrer. On constate que celui qui ne sait pas relâcher son attention n’arrive pas non plus à la concentrer.
 
Nous autres, éducateurs, ne sommes pas des thérapeutes, nous travaillons dans le domaine du quotidien et de la relation d’aide. Nous n'allons donc pas conduire de transe comme dans un cabinet mais utiliser ce phénomène naturel et fréquent, le reconnaître et l'amplifier pour accompagner dans la vie de tous les jours.
 
Les enfants ayant beaucoup souffert sont souvent encore plus doués que les autres enfants pour la transe. Ayant subi des traumatismes durant la petite enfance, la transe est souvent devenue une ressource importante pour éviter les souffrances dues aux situations conflictuelles ou de frustration.
 
Lors des conflits entre adultes ou avec un adulte souffrant (alcool, toxicomanie, dépression, délire etc…). l'enfant apprend spontanément à se dissocier pour éviter de souffrir. On dit qu'il rentre dans sa bulle, qu'il s’évade, qu'il est rêveur.
 
Souvent lors des premiers jours d’un placement dans notre institution on observe grand nombre de transes spontanées où l’enfant semble ne pas être présent, ne pas être conscient de ce qui se passe autour de lui. On remarque parfois aussi, les premiers jours d’un placement, une marque légère d'amnésie.
 
Calino, 5 ans, subit un placement d'urgence chez nous. La police le retire du domicile familial et hospitalise la maman. En entrant dans la maison qu'il a les yeux grands ouverts et ne parle que très peu. Toute la première semaine, il donne l'impression d'être détaché des évènements et de planer sur son nuage. Après une année d'intégration nous évoquerons tranquillement ensemble, lui et moi, ce placement et cette période.  Il me répondra qu'il ne se souvient de rien.
 
Dans ce contexte, le travail de l'observateur formé à la transe hypnotique permet de porter un regard positif sur ce genre de comportement et de ne plus parler d'handicap. Il utilise cette ressource et développe la capacité de l'enfant à métaphoriser les situations difficiles et à l'aider à assimiler les épreuves. Il peut ainsi faire baisser le niveau d'angoisse.
 
Souvent un enfant ayant subi des traumatismes peut craindre son imaginaire et se maintenir en état d'excitation pour éviter d'entrer en transe ou pour éviter l'endormissement. Les troubles de l'endormissement sont fréquents chez les enfants dont nous avons la charge, c'est pourquoi j'ai tendance à concentrer mon travail d'intervention lié à ces nouvelles découvertes dans cet instant particulier. C'est là aussi que le travail de l'éducateur, qui est d'accompagner l'enfant, prend toute sa valeur. Et rencontrer son monde imaginaire de cette manière permet de le soutenir dans l'apprentissage de l'apprivoisement de ses peurs.
 
Les outils que j’utilise dans mon travail de relation d’aide auprès des enfants vont dans ce sens et s'inscrivent dans les moments de la vie quotidienne. Mes possibilités d'action se jouent donc autour de la table du repas, pendant les devoirs scolaires ou les jeux et pendant les activités de loisirs ou encore aux moments des couchers.
 
Dans chacun de ces instants il existe de nombreuses occasions d’appliquer les outils que j’ai découvert en hypnose clinique ou en PNL. La démarche demande une culture des symboles et des grands mythes qui souvent nourrissent nos rêves et nos créations.
 
L’utilisation de certains outils semble simple et ne requiert pas de techniques particulières, pourtant la bonne application requiert une formation complète. Il faut être créatif afin d'amplifier l'imaginaire de l'enfant sans l'encombrer.
 
De toute évidence l'éducateur doit avoir une bonne culture des mythes et des symboles pour favoriser une métaphorisation efficace. Comme dans toutes les branches des sciences de l'éducation, la supervision est ici essentielle. Elle est indispensable pour toute intervention éducative sur le long terme.
 
Le travail sur l’imaginaire des enfants exige une éthique sûre. Si faire rêver peut s'avérer d'une certaine facilité, faire cauchemarder peut l'être tout autant.
 
L’éthique de l’intervention est un aspect crucial. Un éducateur se doit d’avoir réfléchi pour lui-même sur les valeurs et les intentions profondes qui sous tendent son action ce qui lui permettra de mettre au clair sa relation au pouvoir et à la manipulation. L'utilisation de la transe hypnotique ne peut pas être confiée à des éducateurs qui n’auraient pas conscience de cet aspect et de son importance. Ainsi comme tout acte éducatif l’utilisation de la transe requiert le respect et l’attachement à des valeurs essentielles. La liberté de l’autre de faire des choix, le respect du monde de l’enfant, des valeurs de ses parents et de la société dans laquelle il grandit.
 
L’important est de comprendre que l’autre ne voit pas le monde tel que nous le percevons et que par là même les solutions qu’il peut entrevoir sont différentes de celles que nous pourrions imaginer.
 
Un homme découvrit un matin dans son jardin des oiseaux d’une espèce inconnue, les trouvant magnifiques il désira les nourrir pour qu’ils puissent survire et se développer dans sa propriété. Ne trouvant rien dans les livres au sujet de ces oiseaux magnifiques, il alla de porte en porte une photo à la main pour découvrir ce que mangeaient ces magnifiques volatiles. Nulle part il ne trouva de réponse, il revint donc bredouille à sa propriété. Assis sur sa terrasse, les regardant, il dit à haute voix, " Mais que peuvent donc bien manger ces oiseaux inconnus?". L'un d’eux se tourna vers lui et lui répondit "Des Corn Flakes à la cannelle!". Surpris il leur offrit des Corn Flakes à la cannelle et leur fit une grande joie. Ainsi il avait couru la ville en pure perte, il suffisait de le leur demander directement.
 
L'éducateur se trouve souvent comme cet homme, désemparé à trouver une solution pour l'enfant alors que la réponse est dans la bouche des enfants eux-mêmes.
 
 
Techniques utiles
Dans l’apprentissage de l’ajustement la notion de distance proxémique est vraiment très importante. Il est essentiel de trouver la bonne distance corporelle avec un enfant surtout s'il subit des traumatismes dans son milieu familial. C'est la distance proxémique qui peut permettre à l'enfant de se sentir en sécurité. On est particulièrement attentif à cette distance quand on doit entrer dans la chambre ou qu'on le rencontre dans les corridors. Le sentiment d’intrusion est amplifié si le thème abordé est sensible. Elle peut aller de 0 à 300 cm en général. Trop grande le rapport sera froid, trop près l’enfant se montrera spontanément agressif.
 
Quand Louis se trouve confronté à moi, il est souvent agressif et violent. Il a été abusé par son père. En étant attentif à lui et à ses réactions, je réalise qu’il apprécie que je me trouve a une distance respectable de lui, quand je veux lui parler d’un difficulté. Je me place de l’autre coté de la pièce environs 3 mètre pour lui parler, il s’installe alors et échange avec moi complètement détendu. En étant attentif à lui et à ses réactions j'ai réalisé qu'il apprécie que je me trouve à une distance respectable de lui quand je veux lui parler.
 
Il est important de repérer le canal sensoriel préférentiel de l’enfant, cela peut se faire en écoutant les mots qu’il emploie ou les accès visuels qu’il utilise quand il réfléchit.
 
Nous sommes tous chaque jour confrontés à de nombreuses situations existentielles qui comportent des aspects positifs et négatifs. Nos perceptions sensorielles, l'ouïe, la vue, le toucher et le goût et l'odorat ouvrent les portes sur la réalité. Elles sont essentielles à la construction d'une conscience du monde qui nous entoure.
 
La PNL détermine trois de ces sens comme composant déterminant de l'image mentale de notre environnement. Les systèmes visuels, auditifs et kinesthésiques, ce dernier étant constitué des perceptions de contacts ou de ressentis corporels tels que la tension, les douleurs, le froid, le chaud etc.
 
Pour m'être exercé à la dégustation professionnelle de café, je sais qu'il est clair qu'il existe des aveuglements non conscients à certains goûts ou odeurs. De même que de tels aveuglements existent dans tous les systèmes de perception.
 
Chaque individu perçoit donc le monde qui l'entoure selon des acquis différents voire divergents. La PNL cherche entre autre à mieux comprendre en quoi cette perception imparfaite de la réalité peut influencer l'individu.
 
De toute évidence l'individu privilégie un type ou un autre de système, il est soit visuel soit auditif soit encore kinesthésique. Avec la PNL nous avons les moyens d'évaluer avec plus de précision le type de système privilégié que l'individu utilise et donc de quelle manière la personne constitue sa carte de la réalité donc de quelle façon elle interprète le monde qui l'entoure.
 
Pour se déterminer la PNL invite l'éducateur à être attentif au vocabulaire et aux descriptions que peut faire un enfant en décrivant un simple souvenir. Cela permet de bien choisir le terme à employer dans une histoire ou une explication, de favoriser la compréhension de sa part en se mettant en parallèle.
 
Orientation visuelle (40%).
Le personne utilisera de préférence les mots tels que "J'ai vu, c'est clair, à première vue. Les prédicats sont: voir, regarder, montrer, cacher, clarifier, éclairer, visualiser, perspectives, image, lumineux, clair, brillant, couleur, vague, flou, net, clairement, vaguement, briller, observer, rayonner, ressembler, apparaître. Les mouvements oculaires sont en haut ou au milieu dans le vide. Cette personne décrira les situations en termes de ce qu'elle aura vu. Quand elle doit se souvenir d'un détail, elle s'attachera à vérifier au travers d'une image remémorée et revisitée afin de répondre à une question.
 
En tant que pédagogue, pour ce type d'enfant j'utilise des schémas, des dessins pour expliquer les devoirs ou une situation. Je souligne en couleur un texte à lire. Ces enfants apprécient beaucoup la vidéo et sont particulièrement doués pour repérer les signes non verbaux visibles. Un long texte ne leur est pas utile, mais un bon croquis leur est très avantageux.
 
Orientation auditive (30%).
Les personnes auditives relatent un souvenir en utilisant les mots comme "il a dit, j'ai fait une fausse note, bien entendu merci" les prédicats sont entendre, parler, dire, écouter, questionner, sonner, dialogue, accord, désaccords, bruit, rythme, tonalité, mélodieux, musical, harmonieux, bruyamment, rire, exprimer une opinion, dialoguer" Les mouvements occulaires sont au milieu à droite ou à gauche ou en bas à gauche.
 
Ces personnes donneront une importance toute particulière à ce qui aura été dit ou non dit. Les enfants auditifs exigent une grande attention de la part des personnes qui leur parlent, ils mémorisent facilement des textes mais ont plus de difficultés à aborder un schéma ou une description visuelle. Leur sont chers: les encouragements verbaux, les engagements, les objectifs qui se définissent en termes clairs.
 
Orientation kinesthésique (20%).
Le discours de la personne kinesthésique s'articule autour des termes comme "Je me sentais si bien, il faisait froid, je ne ressentais pas de douleurs, ce mec je ne le sens pas, sa voix est douce, fait un geste." Les prédicats sont se sentir, toucher, pression, en contact avec, lisse, approcher, tomber, lâcher, saisir, relaxé, concret, ferme, sensible, solide, mou, dur, chaleureux, froid. Les mouvements oculaires sont en bas à droite. Dans la mesure du possible je vais favoriser les contacts corporels comme les massages Shiatsu. Je suis très attentif aux plaintes sur le plan physique, aux douleurs abdominales et aux maux de tête, qui les perturbent souvent rapidement. C'est une personne à qui il est difficile d'expliquer verbalement une situation. Ce type de perception corporelle est très peu explicite dans notre civilisation, nous avons tendance à privilégier le discours ou l'apport visuel. Le langage du corps nous est souvent étranger. Les pédagogues anthroposophes ont une meilleure connaissance du langage du corps. Par exemple pour décrire des lettres, ils invitent les enfants à modeler la forme avec leur propre corps, donnant ainsi une vie kinesthésique à des concepts abstraits. De telles personnes apprennent énormément par l'expérience physique, le mouvement, et le déplacement dans l'espace.
 
Pour déterminer le canal préférentiel de l'enfant, je lui pose quelques questions et observe dans quelle direction se dirige son regard avant de répondre. J'analyse aussi le vocabulaire employé. Le déplacement oculaire et une légère fixité est un premier pas dans la focalisation. C'est le signe d'entrée en transe.
 
Michèle et Cécile (5ans) sont toutes excitées à l'heure du coucher. Je leur propose un voyage avec Marry Poppins au pays imaginaire. Elles sont toutes les deux couchées, le regard tourné vers le bas. Elles sucent leur pouce. J'introduits des fleurs dans les prairies. Ces fleurs sont des sucettes de toutes les couleurs. Les deux héroïnes de l'histoire en prenne chacune une et les sucent tranquillement. Je soutiens ainsi la focalisation par le canal préférentiel des fillettes, la favorise et l'amplifie.
 
 
 
 
 
 
Adopter la position basse c'est accepter que nous ne savons pas non plus. L'éducateur se tient souvent en position haute afin d'assurer la bonne gestion du temps et de l'espace de tout le groupe dans l'institution. Elle est souvent garante de l'autorité et du sentiment de sécurité chez l'enfant. Pourtant il est important de savoir quitter cette position haute surtout quand l'enfant régulièrement ne semble pas comprendre ou qu'il dit qu'il ne sait pas. L'enfant doit pouvoir saisir que nous ne comprenons pas tout, que nous avons besoin d'éclaircissement. Il est très important dans le processus de la transe qu'il sache que c'est lui qui détient la solution.
 
Pour favoriser la suite de l’intervention, il est important d’obtenir l’acquiescement de l'enfant par exemple en lui proposant de choisir le fauteuil ou il vivra la meilleure transe.
 
C’est une forme de manipulation, il faut donc être très vigilant avec nos motivations et notre éthique. En obtenant un premier oui par le choix on conduit l'enfant à accepter progressivement l’idée qu’il entrera en transe. Obtenir un acquiescement sur une petite chose permet en général d’obtenir le oui sur des actions plus grande. A ce sujet l’ouvrage de Robert Vincent joule [9] décrit avec précision les procédés manipulateurs qui démarre avec des phénomènes tel que le pied dans la porte. On peut utiliser une suite de questions dont la probabilité d'acquiescement est quasi totale.
 
•              Tu veux que je te racontes une histoire?…oui
•              Tu veux savoir la suite? …oui
•              Es-tu bien couché? …oui
•              Après cette histoire tu pourras t'endormir? …oui.
Si la première question posée avait été la dernière il est plus probable que j'aurai obtenu un non.
 
Outils
L'hypnose conversationnelle est un outil développé par Erickson. Souvent en sortant de son cabinet les clients lui demandaient quand allait commencer la séance d’hypnose. En fait elle était déjà terminée.
 
En utilisant les signes de focalisation durant une discussion informelle et en invitant les personnes à se centrer sur leur expériences internes, ou tout simplement en les aidant à focaliser sur l’idée qui attirait leur attention, la transe peut être mise en place durant une simple discussion.
 
Cette technique permet de conduire une transe sans cadre particulier.
 
Avec les enfants j’utilise souvent cet outil durant de simples discussions en observant le mouvement des yeux son seuil de concentration. Il vit alors une conversation qui lui permet de se détendre ou de trouver plus facilement une solution à un problème.
 
L’observation des mouvements oculaires m’aide aussi à voir de quelle façon l’enfant analyse ou se remémore une situation.
 
La transe conversationnelle est un outil adapté lors des repas ou quand l'enfant fait irruption avec un souci, un problème ou un questionnement.
 
Un enfant désire un jouet dans une vitrine ou qu’il voit sur un étalage. Je l'invite alors à le décrire en détail et à imaginer ce qu’il ferait avec ce jouet s'il le possédait, La métaphorisation sur le jouet permet à l’enfant de se distancier de la frustration sans s’en rendre compte et d’évoluer vers des sentiments plus agréables.
 
Une autre manière de faire de l'hypnose conversationnelle consiste rapporter les dires d'une personne inconnue de l'enfant mais qui aurait une place dans son imaginaire comme un ancien résident de l'institution ou une grand-mère, lui dire qu'il a appris à faire telle ou telle chose en utilisant telle ou telle ressource.
 
Le fait de faire dire quelque chose à une autre personne que nous laisse plus d’impact sur l’enfant.
 
Philippe a un problème de rangement de sa chambre.
•         Ah au fait j’ai connu un enfant qui s’appelait Matthieu et qui a eu le même problème de rangement que toi. Et bien chaque matin il rangeait sa chambre avant le déjeuner, il a été très content car après les leçons il pouvait jouer. Aujourd’hui il fait une école d’informaticien
•         Ma grand mère disait toujours que ranger sa chambre est une tache difficile mais bien utile pour l’avenir etc
 
Le soir au coucher j’aime bien enseigner aux enfants les techniques qui permettent de maîtriser la force: exercices de concentration, écoute des battements de son cœur, suivi de leur rythme respiratoire. Les enfants adorent ces petites activités d’entraînement qui ne sont en fait que des petits moyens de faire de l’auto-hypnose. Cela leur permet de mieux s’endormir et d’être plus détendu au lever le matin. Vous connaissez peut-être les Jedy de la Guerre des Etoiles. Chez nous les enfants sont passionnés par les aventures de Sky Walker. Pour eux, ce conte moderne a beaucoup de signification.
 
En effet Luke le héros doit passer par une période d’apprentissage pour maîtriser la force. Fredy et Luc, 8 et 10 ans, doivent se coucher assez tôt, régulièrement ils n’arrivent pas à s’endormir et discutent de longues heures avant de trouver le sommeil.
 
Je leur propose d’apprendre des techniques Jedy pour maîtriser la force, ils sont enthousiastes. Je leur explique qu’il est important de compter les battements du cœur. Ce qu’ils font avec plaisir. Ils s’endorment très vite et au matin Fredy me déclare "C’est génial ton truc j’ai compté les battements de mon cœur toute la nuit!"
 
Ils peuvent apprendre qu'il est alors possible d'utiliser cette technique lors d'une épreuve scolaire ou quand ils doivent affronter une difficulté.
 
Un enfant qui joue dans sa chambre seul peut vraiment être un bon signe. C'est l'occasion de moments de transes spontanées, nourries par un imaginaire parfois débordant.
 
Les enfants traumatisés ont besoin de s’isoler de la vie communautaire pour jouer seul et rêvasser. C'est un exemple parfait d’une métaphorisation spontanée. Régulièrement on observe que ces jeux symboliques leur permettent de résoudre leurs problèmes et leurs traumatismes. Il est donc très important de laisser l’enfant seul, de ne pas le perturber, de le laisser ainsi développer son accès à sa vie imaginaire sans encombre. C'est une forme spontanée d'autohypnose très propice à la révélation de compétences.
 
Victor a assisté à l'accident de son petit frère sur la la route. Pendant plus d’une année il jouera dans sa chambre en imitant des accidents de voitures plus violents et créatifs les uns que les autres. Tentant ainsi d’assimiler un choc extrêmement violent vécu alors qu’il avait 4 ans.
 
Fritz 8 ans s'isole dès son arrivée à l'institution. il voudra souvent être seul dans sa chambre pour jouer à des combats entre animaux préhistoriques. Tout était bon pour lui pour imiter ces combats sans fin. Combats qui figuraient en fait les luttes terribles qui opposaient ces parents pendant des années.
 
Luc, 10 ans,  passe des heures à créer des bases de combats pour protéger son nounours. Il place dans son lit le nounours réparé par son père dans le lit. Tout autour il élève des barricades et tout un système de défense. Protéger le nounours est une manière bien sympathique de protéger le petit être blessé qui guérit en lui. L’abus qu’il avait subi de son père le mettait dans une situation difficile, et le fait d’apprendre à protéger avait une grande signification pour lui.
 
Peut-être ne pouvons-nous pas toujours parler de transe hypnotique lors des jeux symboliques mais il est clair que l'on en est très prêt, qu'il s'agit du même phénomène. Ce qui importe surtout c’est de repérer ces instants où l’imaginaire de l’enfant est à l’œuvre pour lui permettre d’assimiler et de progresser vers sa vie d’adulte
 
La safe place est un souvenir dans lequel l’enfant se sent bien. L'induction se fait sur une situation qu’il aime particulièrement et qu'il peut se remémorer tranquillement. Je me concentre sur son attention, m'accroche aux détails que lui procure sa mémoire, il s’ensuit une détente corporelle.
 
J’accompagne souvent en ajoutant quelques saupoudrages du style, ta respiration se détend, elle s’approfondit, elle marque le rythme sûr et tranquille de ta vie. Accompagner en suivant le rythme respiratoire amplifie la détente, je parle sur l’expire de l’enfant.
 
Johanna 14 ans n’arrive pas à s’endormir, je lui propose une petite séance imaginaire. Comme elle est passionnée d’équitation, je lui propose de se remémorer un moment chouette à cheval. Très rapidement elle ferme les yeux, je lui parle en suivant le rythme de son expire et très vite je ne donne plus de détails par rapport à l’expérience. Je dis simplement…
•         tu vis une expérience toujours plus précise…
•         ta respiration s’approfondit alors que tu te détends …etc.
Elle s’endort tranquillement après dix minutes, je sors de la chambre tranquillement sans faire de bruit.
 
Lors de massages ou de contacts corporels, il est très utile de pouvoir reconnaître la transe. J’ai été surpris des phénomènes de transe ayant lieu lors de petits massages ou de contacts physiques avec les enfants en difficulté.
 
L’ouvrage de J. Bergès [10] présente une technique de décontraction basée sur la focalisation par contacts physiques. Toucher le bras de l’enfant qui ferme les yeux en lui spécifiant les endroits concernés. Il énonce toute une panoplie d’exercice de tensions relâchement de la musculature qui permet à l’enfant de se détendre en se concentrant sur ses perceptions physiques.
 
Le shiatsu est une technique de massage que j'emploie régulièrement et qui est basée sur les points méridiens du corps. Des pressions régulières et rythmées basées sur la respiration permettent une bonne relaxation car l'esprit de l'enfant reste focalisé sur la sensation.
 
J’installe Johann sur une chaise et commence un massage shiatsu en faisant des pressions régulières sur les points méridiens de la nuque, puis je lui demande de se concentrer sur son épaule et sur la détente de celle-ci. Johann ferme les yeux.  A mon grand étonnement il s’effondre sur lui-même, se laissant complètement aller dans mes bras. Son état de transe est profond. Je sais que Johann est un enfant abusé physiquement par son père durant plusieurs années. Il vit alors avec une intensité particulière un tel travail de détente. Et surtout un contact corporel neutre avec un adulte de référence.
 
Ce genre de réaction, ainsi que la demande très forte des enfants pour de tels massages, me démontre non seulement l’importance du contact physique mais aussi que cette démarche liée à une bonne connaissance des phénomènes de transe apporte véritablement une amélioration de la qualité de mon travail. La fin de l'exercice nous permet de vérifier l'état de bien être réel de l'enfant.
 
Ce type d’activité est tout à fait indiqué pour permettre à l’enfant de s’endormir plus paisiblement. Toutefois, restons vigilants car à l’heure du coucher le contact corporel avec l’enfant se doit d’être pratiqué avec discernement. Le fait que les enfants que nous accueillons souffrent de troubles dus, pour certains d'entre eux, à des abus physiques subis durant la petite enfance, le contact corporel devient alors plus compliqué. Il ne faut qu’aucune ambiguïté ne subsiste sur un tel acte de la part d’un éducateur ou d’une éducatrice.
 
La découverte de son corps, de sa respiration, nommer les différentes parties du corps de l’enfant que l’on touche, permet une meilleure intégration du schéma corporel. Les phénomènes de transe liés à ses exercices sont récurrents et surprenants, ils sont une porte pour un échange en profondeur avec l’enfant.
 
La technique des trois dessins est une technique développée par Mills dans son ouvrage5. Elle permet à l’enfant de chercher des ressources inconscientes par une légère transe.
 
L'enfant fait un premier dessin où on lui propose de représenter sa difficulté. Le dessin peut être figuratif ou même très abstrait quand on lui demande de dessiner une douleur ou une émotion.
 
On lui demande ensuite de redessiner une deuxième fois le problème mais de le représenter cette fois-ci sous sa forme résolue. C'est-à-dire qu'il dessine "comme si…" ce qui est déjà une ouverture au processus imaginaire. Il est étonnant amusant même de voir à quel point cela ne représente pas de difficulté majeure pour lui.
 
Dans un troisième temps, on lui propose de réaliser un troisième dessin qui représentera les ressources. Il devra dessiner ce qu'il s'est passé pour que le dessin 1 devienne le dessin 2.
 
A ce stade il est courant que l’enfant se bloque et dise "je sais pas" …. Je maintiens alors la position basse et je réponds que je ne sais pas non plus. Il faut le laisser chercher, se concentrer. On peut l'aider soit en le laissant tranquille soit en l'accompagnant mais il faut le laisser entièrement libre et l'encourager en reconnaissant ses compétences à trouver la réponse. Après un temps j'ai pu observer ses yeux se déplacer et se focaliser à la recherche d’une solution. C'est alors que la troisième esquisse jaillit comme une ébauche de solution.
 
Dans notre institution, nous affichons les trois esquisses au-dessus du lit, comme symbole et comme moyen d’échanger avec les autres éducateurs.
 
Michel est Victor se sont battus violemment. J’interviens pour les séparer et je décide en colloque de reprendre cette situation qui semble récurrente avec eux. Victor a très peur de son copain Michel qui l’a frappé, il est comme paralysé et se laisse frapper. Je parle un peu avec Victor pour bien cerner le sentiment qui le bloque. Je lui propose ensuite de dessiner sa peur. Il réalise le premier dessin puis le second. Et enfin le troisième.
 
Le troisième dessin représente la solution: les alliances qu’il a déjà mises en place avec d’autres copains. Des copains qui ont promis de le protéger. Avec étonnement il réalise qu’il avait passé un contrat d'alliance avec Michel et qu'il ne la donc pas respectée. Je lui propose de questionner Michel à ce sujet. Michel lui répond qu’il veut bien le protéger mais que lui Victor, doit respecter ses engagements et ne plus attaquer les plus petits car Michel trouve cela très injuste !
 
 
Dessin 1. Il décrit la peur comme une rivière en bas du dessin. Cette représentation est vraiment passionnante, j'aime cette manière de décrire un sentiment et il y aurait certainement beaucoup à dire de ce dessin sur le plan symbolique
 
 
 
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Dessin 2. L’enfant représente la situation sans cette peur.
 
 
 
 
 
Dessin 3 L'enfant décrit sa solution, obtenue après un moment de transe devant la feuille blanche. Il dessine plusieurs petits copains avec lesquels il a construit des alliances.
 
 
 
 
Quand à Michel il réalisera qu’il frappe par colère, voilà ses trois dessins.
 
Dessin 1 il représente sa colère. (Je suis surpris par sa représentation de la colère qui le rend agressif vis-à-vis de ses copains en général. On le verrait ici plus tôt triste).
 
 
Dessin 2: il serait heureux
 
 
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Dessin 3. Il se déc

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