Combattre l'anxiété et le stress par la cohérence cardiaque Educh.ch

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Cinq pistes pour s'en sortir 1 Rétablir la confiance en soi des plus jeunes Les 15-19 ans formeraient un groupe anxieux selon le rapport « Santé mentale, l'affaire de tous » remis au gouvernement fin 2009. Mais cette anxiété est souvent palpable dès l'école primaire, voire la maternelle ! « Je vois des enfants de 8 ans en consultation, qui me confient : «Je dois tout réussir, je ne dois pas décevoir» », raconte le Dr Gisèle George, pédopsychiatre à Paris (1). Elle insiste sur la responsabilité partielle de l'école mais aussi sur celle des parents qui sont 52% (1) à s'avouer angoissés pour la réussite scolaire de leurs enfants. Et qui n'hésitent pas à alourdir leurs journées déjà chargées par la pratique de multiples activités, souvent imposées... «Stimuler oui, mais sans mettre la pression ! avertit Gisèle George. Il faut valoriser les compétences des enfants, car l'antidote du stress, c'est la confiance en soi.» Le Centre d'analyse stratégique propose ainsi dans son rapport 2009 de développer pendant le temps scolaire des espaces d'affirmation de soi et de contrôle des émotions. En France, de tels programmes restent l'apanage de rares structures privées, souvent les mêmes qui tendent à mettre la pression sur les élèves... Mais certains programmes pilotes se mettent en place, comme au Québec avec «Déstresse et progresse», lancé l'an dernier par le Centre d'étude sur le stress humain à l'hôpital Louis-Lafontaine de Montréal auprès de jeunes âgés de 12 ans. «Des travaux ont montré que c'est à cet âge - celui de l'entrée dans les études secondaires - que le taux de cortisol s'élève car quatre ingrédients sont rassemblés : sens du contrôle faible, personnalité menacée, imprévisibilité et nouveauté », détaille Marie-France Marin, l'une des scientifiques engagée dans le programme. Le CESH a donc mis en place dans les écoles des ateliers interactifs de formation se déroulant sur onze semaines afin d'apprendre aux élèves comment se repérer et s'adapter. Les chercheurs ont prévu de comparer les taux de cortisol auprès de deux groupes dont un témoin et d'évaluer ainsi le pouvoir déstressant de ces ateliers. Résultats en 2011. 2 Faire de l'exercice régulièrement Empiriquement, chacun sent bien que faire de l'exercice est bon pour le moral. Mais que dit la science ? De multiples études se sont penchées sur la question dans les années 1980-2000. Peter Salmon, du département de psychologie clinique de l'université de Liverpool (GrandeBretagne), en a fait une revue complète. Ses recherches le confirment : l'humeur s'améliore après un exercice physique et un haut niveau de pratique est associé à une meilleure santé mentale en général. Il cite en particulier trois méta-analyses (comparaison de nombreuses études) qui mettent en lumière cet effet. A condition qu'il soit régulier, par un effet de désensibilisation de l'organisme aux réactions de stress. A l'origine de ce phénomène, se trouve peut-être le système endocannabinoïde (SEC) naturel, qui apaise les effets anxiogènes (lire p. 50). L'équipe de Francis Chaouloff (Bordeaux) tente à présent d'établir plus précisément ce mécanisme biologique, en faisant courir des souris angoissées sur des roues d'activité. 3 Favoriser l'apprentissage professionnel « Jouez, déstressez ! » Ce pourrait être le credo de nombreux « serious games », ces « jeux sérieux » mariant la vidéo et la simulation informatique et qui connaissent un véritable engouement, en particulier dans le domaine de la formation professionnelle. Objectif : s'entraîner à bien réagir face à des situations difficiles... Et donc, petit à petit, à moins les redouter. Avec un marché estimé à 10 millions d'euros pour l'instant en France, ce secteur est en plein développement dans tous les secteurs où l'apprentissage classique cède la place à la mise en situation. « La formation et l'entraînement des personnels sont devenus indispensables. La règle c'est la bonne personne au bon poste », explique Anne-Marie Cariou, psychologue et directrice adjointe du cabinet Stimulus. Ainsi, les officiers de l'armée française se préparent-ils aux conflits avec une application développée par la société Masa, groupe spécialisé en intelligence artificielle. Le but étant de leur permettre de garder leur sang-froid et leur pleine capacité de raisonnement. Le groupe a également développé un programme pour les pompiers. « On simule un incendie dans un immeuble. Le pompier dirige les opérations via son avatar. Il est confronté à une multitude de situations très réalistes comme l'évacuation des blessés, la panne de sa lance à eau, la pression des journalistes sur place, etc. », explique Nicolas de Belilovsky, directeur général de Masa Group. En cours de conception, Gambits est quant à lui destiné à former les opérateurs chargés de la surveillance du trafic maritime. « Les participants devront affronter des attaques terroristes, détecter des actes de pirateries ou des opérations de contrebande, réagir à une marée noire etc. », explique Davy Capera, d'Upetec, la start-up toulousaine chargée de développer ce jeu. Autre environnement particulièrement stressant, l'hôpital. Avec le jeu d'aventure Medikids, sur lequel travaille la jeune société CCCP, ce ne sont pas les personnels qui sont visés, mais les jeunes patients. « Il s'agit de dédramatiser le parcours de l'enfant à l'hôpital. Avec son personnage, il collectera des objets ou encore résoudra des énigmes et découvrira ainsi les traitements qu'il devra subir ou le rôle des personnes qui l'accompagneront durant son séjour », explique Frederic Forest, directeur commercial de la société. Medikids aura notamment la tâche délicate de préparer les enfants à des traitements pénibles comme la chimiothérapie avec son cortège d'effets secondaires (chute des cheveux, vomissements...). Un jeu très sérieux donc. Owww.masagroup.net C3 www.upetec.fr O www.le-cccp.com 4 Préférer la parole aux pilules« La réponse au stress par le médicament n'est pas satisfaisante ! » Le verdict du Centre d'analyse stratégique, rendu public dans son rapport 2009, est sans appel. Avaler un « petit » comprimé n'est pas la solution miracle, bien qu'un Français sur quatre en fasse usage. « Les médicaments ne peuvent être que provisoires, explique JeanMichel Thurin, psychiatre, psychanalyste au CHU de la Pitié-Salpêtrière. Car il y a toujours un risque d'addiction - à l'alcool et aux drogues également - favorisé par le stress lui-même. Si ces substances apportent un soulagement immédiat, elles participent aussi souvent à une méconnaissance des causes externes et individuelles du stress et des actions qui peuvent le réduire. » Mais c'est surtout le contact avec un thérapeute qui peut permettre de libérer ses émotions : « Les entretiens aident à rétablir la sécurité de base qui a disparu, poursuit Jean-Michel Thurin. Un stress isolé est bien plus grave qu'un stress accompagné. » La meilleure méthode reste sans conteste la prévention. Dans ce domaine, des solutions « douces » existent : la valériane et la passiflore, connues pour leurs propriétés sédatives, le magnésium et la vitamine B 6, pour le coup de fouet, ou la tyrosine, un acide aminé précurseur de l'adrénaline. Enfin, une méthode née aux Etats-Unis il y a plus de dix ans et conçue par des neurologues et cardiologues (1), la cohérence cardiaque, fait une percée en France. Elle repose sur la respiration pour améliorer le rythme du coeur. Et emprunte à la relaxation sa respiration lente et profonde, la visualisation d'images positives. Elle peut même se pratiquer sur Internet (1) ! Enfin, tous ces moyens seront évidemment plus efficaces s'ils viennent compléter une hygiène de vie, où alimentation saine et sommeil sont déjà au rendez-vous. 5 Le virtuel sécurise les seniors Aujourd'hui, Monsieur C, 73 ans, visite un château. Il traverse une galerie, s'arrête devant de hautes fenêtres, tourne à gauche, s'engage dans des escaliers puis s'accorde une pause dans un petit salon. Pendant tout le parcours, il gambade, lestement, sur des jambes de 20 ans. Oubliée la peur de tomber, l'angoisse de rater une marche. Equipé de son casque de réalité virtuelle, le senior voyage. Et ce, sans quitter la petite salle de « réalité virtuelle » située dans un couloir saumon du centre Emotion (CNRS) du CHU la Pitié-Salpêtrière (Paris) où il a été adressé par son médecin traitant. Ici, le professeur Roland Jouvent, psychiatre et directeur du centre, reçoit et traite, parmi d'autres, des patients âgés victimes d'un stress intense : celui de chuter. « Ca a l'air anecdotique mais ça ne l'est pas du tout, remarque-t-il. La peur de tomber est le point de départ d'un cercle vicieux qui aboutit au déclin général. » Selon le médecin, la mauvaise pente commence avec le vieillissement des organes sensoriels. L'individu âgé voit et entend moins bien dans un corps moins alerte. Ce qui s'accompagne d'un vieillissement cognitif. Le sujet se sert moins de son cerveau, se fatigue plus vite, se concentre moins bien, les tâches courantes demandent plus d'efforts. Dans ce triste tableau, se déplacer dans un univers aussi complexe que la ville fait peur. Traverser la rue, ne serait-ce que pour aller chercher du pain, peut devenir extrêmement angoissant. « Le stress immobilise la personne qui petit à petit se retire dans sa tanière. La peur de tomber est un prétexte au retrait social, poursuit Roland Jouvent. Or, à cet âge, le «chez soi» est dangereux. Plus on sisole, plus on réduit ses connexions cérébrales et plus on accélère le vieillissement. » Voilà pourquoi, au centre Emotion, on tente de renouer avec la confiance en soi. « On plonge le patient dans un univers virtuel dans lequel il peut se déplacer en sécurité. Au départ il est assis, puis on laide à se lever et à avancer. » Dans la salle, le patient fait ses premiers pas en cliquant sur une souris, hésite, s'oriente en tournant la tête. Odile Komano, assistante en recherche clinique, garde toujours un contact avec lui, rassurante. « Nous faisons des séances de dix minutes, une fois par semaine environ. Les progrès sont assez rapides. » Face à son angoisse, le sujet apprend à gérer ses émotions. Et ça marche... Presque trop bien ! « Nous avons observé que les patients reprennent trop confiance en eux, explique Roland Jouvent. Ils n'ont plus conscience de leur corps et se mettent à cavaler, au risque, pour le coup, de vraiment tomber. Il faut donc associer un autre exercice. » Monsieur C, ragaillardi, est conduit dans une autre salle du centre Emotion où une classique console de jeux vidéo l'attend. Là, debout face à une webcam, le sujet se voit apparaître sur grand écran, inclus dans un jeu. Aujourd'hui, Monsieur C. doit briser des planches virtuelles du tranchant de la main, en donnant des coups à droite, à gauche, en haut, en bas... « Le but est que le sujet se voit et retrouve son corps tel qu'il est vraiment, pour retrouver ses vrais repères », explique Odile Komano. Une centaine de patients ont déjà profité de ce traitement depuis trois ans. (1)Ces Enfants malades du stress, éditions Anne Carrière. (2) http://www.educh.ch/seance/coherence-cardiaque-wawe.htm Olivier Hertel, Eléna Sender, Sylvie Riou-Milliot Sciences et Avenir

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