Aux frontières de la conscience: Hypnose,coma et faux souvenirs

Aux frontières de la conscience: Hypnose,coma et faux souvenirs

Aux frontières de la conscience: Hypnose,coma et faux souvenirs

La réalité perçue par notre cerveau est-elle constante ? Dans quelles circonstances notre cerveau construit-il une autre réalité ? Comment la conscience de soi peut-elle être altérée? Cette table ronde présente différents états de conscience qui peuvent modifier la perception de la réalité et l’identité.

Aux frontières de la conscience:
hypnose, coma et faux souvenirs

Mercredi 12 mars à 19h
Uni Dufour (24 rue Général-Dufour, Genève)
Auditoire Piaget (U600, sous-sol)

Découvrir l'enregistrement de la conférence

Intervenants:
Armin Schnider (neurologue, HUG)
Stefano Colombo (psychiatre, HUG)
Stephen Perrig (neurologue, HUG)
Modérateur: Anton Vos

Personne n’est à l'abri des effets des «fausses mémoires» ! Car la mémoire humaine repose sur un processus associatif si puissant, qu'il encourt parfois le risque de se retourner contre lui-même. Mais ces mémoires dites «fausses» se manifestent plus fréquemment chez les personnes atteintes de lésions cérébrales. Un trouble très spécifique, les "confabulations comportementales spontanées", implique une confusion de la pensée qui fait agir les patients en fonction de souvenirs qui n'ont pas de rapport avec la réalité en cours. Armin Schnider étudie ces phénomènes. Son équipe a découvert un mécanisme cérébral de filtre des mémoires intervenant alors même qu’elles sont en pleine réactivation. Et ceci en amont de la prise de conscience de leur contenu. Ce mécanisme dépend d'une petite région mesurant quelques centimètres cubes, située juste au-dessus des yeux : le cortex orbito-frontal.

Pour ce courant de la psychologie qualifié de «constructiviste» comme pour Jean Piaget, la réalité se conçoit comme un processus de construction issu de la rencontre dynamique du sujet et de l'objet. C’est à cette conception du réel qu’adhère Stefano Colombo, qui présentera comment il fait intervenir l’hypnose align="justify" en contexte psychothérapeutique, pour modifier la manière dont les patients élaborent leur réalité. L’une des spécificités de l’hypnose réside dans le fait qu’elle contribue à activer et à amplifier les ressources personnelles, en ceci qu’elle repose sur le principe premier de faire vivre à l’hypnotisé-e une expérience strictement bornée dans l’espace («ici») et le temps («maintenant»).

Dans la mythologie gréco-latine, les frères Hypnos -qui est le dieu du sommeil- et Thanatos -qui est la personnification de la mort- ont une demi-sœur, fruit d’un amour illégitime: Coma. C’est peut-être parce qu’elle resta longtemps cachée que les scientifiques ne l’étudièrent que tardivement. En fait, pour comprendre le coma, sa variabilité, ses causes, il faut avoir saisi les mécanismes de la veille et du sommeil. Si certains comas sont artificiels, donc transitoires (comme dans le cas des anesthésies), d’autres peuvent être toxiques (comme le coma éthylique). Après un coma post-traumatique ou vasculaire, l’éveil peut revenir, mais sans que se produise un retour à la conscience. Dans cet état dissocié, que l’on nomme «végétatif», des automatismes peuvent apparaître. Parfois, la conscience est résiduelle ou fragmentée, tandis que certains îlots d’émotion, de mémoire, d’attention ou de langage ont été préservés. Le patient est alors dans un «état de conscience minime». C’est dans cette pénombre du coma, dans laquelle les spécialistes commencent seulement à percevoir quelques lueurs, que Stephen Perrig s’aventurera.

Mercredi 12 mars
Aux frontières de la conscience:
hypnose, coma et faux-souvenirs
Enregistrement audio

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