Boreout versus Burnout stress et eustress

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Boreout versus Burnout stress et eustress

Boreout versus Burnout stress et eustress

Un Suisse sur dix s’ennuie au travail

Etes-vous sujet au bore-out?

si vous répondez par l'affirmative à plus de quatre questions, vous êtes sujet au bore-out.

 

- Accomplissez vous des tâches privées durant votre temps de travail?

- Avez vous l'impression de vous ennuyer, ressentez vous un manque de défis professionnels?

- Faites-vous parfois semblant de travailler alors que vous n'avez rien à faire?

- Etes-vous plutôt insatisfait de votre travail

- Vous interrogez-vous sur le sens profond de votre travail

- Pourriez-vous accomplir votre travail en moins de temps que ce que vous ne le faites?

- Souhaiteriez-vous travailler ailleurs, mais redoutez de gagner moins?

- Envoyez-vous des emails privés pendant votre temps de travail?

- Votre travail ne vous intéresse-t-il que peu ou moyennement?

Source philippe Rotheline Diagnos Boreout

Sous-exploités par leur employeur, ou cantonnés à des tâches ingrates, beaucoup de collaborateurs font de la figuration au bureau. Un syndrome pernicieux, récemment baptisé bore-out, qui peut conduire à la dépression.
 

L’ennui, syndrome répandu sur les lieux de travail, demeure le plus souvent tu par les collaborateurs concernés. Pourtant, selon diverses études, ce mal sournois, par ailleurs très préjudiciable aux employeurs, toucherait au minimum 10% des salariés. Le phénomène ne date pas d’hier, mais il vient seulement d’être diagnostiqué en profondeur dans un ouvrage (Diagnose Bore-out, co-écrit par les consultants suisses Peter R. Werder et Philippe Rothlin) et s'est vu, du même coup, attribué un nom: le bore-out. Un terme construit autour du verbe anglais s’ennuyer ("to bore"), par opposition au burn-out, épuisement qui menace, lui, les employés surchargés.

 
Les exemples abondent, allant du collaborateur surqualifié, cantonné à des tâches sans intérêt, à cet autre employé, qui ne reçoit pas assez de travail pour meubler ses journées au bureau. Du coup, chacun y va de sa stratégie pour dissimuler la réalité de sa situation: certains liquident leurs tâches en un rien de temps - mais n’en disent rien à leur chef - pour vaquer ensuite à des occupations personnelles. D’autres rallonge au maximum la durée de leur mission, par exemple en surfant sur le net. Une simple pression sur une touche du clavier, le bien nommé "boss button", permet en un éclair d’afficher à l’écran un document de travail. Ni vu ni connu.

 
Manque de défis

 
Selon Peter Werder et Philippe Rothlin, cités dans Migros Magazine, "il ne faut pas confondre la fainéantise et l’ennui au travail". Car c’est bien le manque de défis et non la paresse qui conduirait au bore-out. Une étude publiée en 2005 par l’entreprise Kelly Services confirme l’analyse, puisque 10% des employés helvétiques déclarent  souffrir de l’ennui qu’ils éprouvent dans leur job, précisant qu’à choisir, ils préféreraient être soumis au stress.

 
Aux Etats-Unis, une enquête menée en ligne, à la même période, par le fournisseur d’accès AOL et Salary.com, s’avère plus édifiante encore: pas moins de 33% des personnes interrogées affirment ne pas avoir assez de travail. En moyenne, chaque employé américain consacre ainsi deux heures de bureau par jour à des distractions privées, au premier rang desquelles figure évidemment la navigation sur internet.

 
La faute à l’employeur

 
"Le plus souvent, c’est l’employeur qui porte la responsabilité d’une telle situation, du fait d’un manque de contrôle sur les missions confiées à ses collaborateurs, observe Franziska Tschan, professeur en psychologie du travail à l’université de Neuchâtel. Mais il faut relever que, dans plusieurs métiers, la charge de travail fluctue, souvent de manière importante, précise-t-elle. Ainsi, le même employé peut souffrir du stress aussi bien par manque que par surcharge de travail, cela en alternance, à des moments différents de la journée ou de la semaine."

 
Pour les collaborateurs sous-exploités, il s’avère pourtant délicat de communiquer sur leur situation, de peur notamment de voir leur temps de travail réduit par l’employeur, ou encore d’hériter d’autres tâches ingrates. "Un tel contexte peut déboucher sur une dépression car il induit souvent une baisse de confiance en soi, fait remarquer Franziska Tschan. Du reste, le fait de sous-exploiter les qualités d’un employé relève parfois d’une stratégie de mobbing."

 
"La frustration naît de l’absence de reconnaissance, ajoute Ursula Gut, directrice de la succursale bernoise du cabinet Vicario Consulting. C’est surtout vrai chez les jeunes, qui ruminent vite la préoccupation suivante: Si mon travail passe inaperçu, à quoi est-ce que je sers?"

 
Danger atténué dans les petites entreprises

 
Parmi les PME, il semble toutefois que le syndrome du bore-out demeure marginal: "Les petites entreprises sont moins touchées par le phénomène, constate Ursula Gut, car ces dernières ne peuvent pas se permettre d’être improductives. Et puis, il y a un contrôle réciproque qui s’exerce entre les employés; chacun est au fait des activités de ses collègues, alors que dans les grandes firmes et administrations, les responsabilités sont souvent très spécialisées et délimitées. Les objectifs de l’entreprise indiffèrent les collaborateurs et personne ne sait précisément sur quoi travaille son voisin de bureau. Il arrive également que les responsables des ressources humaines promettent monts et merveilles au moment de l’embauche, et qu’une fois au travail, le nouvel employé récolte des missions sans intérêt."

 

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